Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Dame X..., directrice d'une maison d'enfants à caractère sanitaire, condamnée par la Cour d'appel de Riom à 193 amendes de 3 francs chacune pour infraction à la police des garnis, en raison du défaut de tenue du registre de police. La Cour a confirmé que l'hébergement des enfants dans cette maison s'apparentait à celui d'un hôtelier, justifiant ainsi l'application des règles de la police des garnis.
Arguments pertinents
1. Nature de l'établissement : La Cour a considéré que la maison d'enfants, bien qu'elle offre des soins, constitue essentiellement un lieu d'hébergement. Elle a affirmé que "l'hébergement constitue l'essentiel du contrat qu'elle passe avec ceux qui lui envoient les enfants".
2. Assimilation à l'activité hôtelière : La Cour a établi que la situation de Dame X... était comparable à celle d'un hôtelier, qui reçoit des clients pour des cures thermales, en affirmant que "sa situation est assimilable à celle d'un hôtelier".
3. Application stricte de la loi : La Cour a souligné que la loi pénale doit être appliquée de manière stricte, sans distinction entre majeurs et mineurs, en citant l'exigence de tenue d'un registre pour "tout aubergiste, hôtelier ou logeur en garni".
Interprétations et citations légales
1. Code pénal - Article R 30, 2° : Cet article stipule que "tout aubergiste, hôtelier ou logeur en garni doit tenir un registre sur lequel il inscrit dès leur arrivée toute personne couchant ou passant la nuit dans leur maison". La Cour a interprété cet article comme s'appliquant à tous les établissements d'hébergement, y compris ceux accueillant des mineurs.
2. Code de procédure pénale - Article 593 : Cet article traite des conditions de recevabilité des pourvois en cassation. La Cour a affirmé que la procédure était régulière en la forme, ce qui a permis de rejeter le pourvoi sans vice de procédure.
3. Loi du 20 avril 1810 : Bien que non citée directement dans le raisonnement, cette loi régit la police des garnis et a servi de fondement à l'application des règles de tenue de registre, renforçant l'idée que les obligations légales s'appliquent indépendamment de la nature spécifique de l'établissement.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des textes de loi relatifs à la police des garnis, affirmant que la nature de l'établissement de Dame X... justifie l'application des mêmes obligations que celles imposées aux hôteliers, malgré la spécificité de sa mission sanitaire.