Résumé de la décision
La décision concerne un litige entre les consorts H..., héritiers de locataires d'un immeuble détruit pendant la guerre, et les époux D...-G..., propriétaires d'un terrain sur lequel un nouvel immeuble a été construit. Les consorts H... réclamaient le report de leur bail sur les nouveaux locaux, tandis que les époux D...-G... s'y opposaient, invoquant des dispositions légales. La Cour d'appel a accordé le report et une indemnité aux consorts H..., mais cette décision a été cassée par la Cour de cassation, qui a estimé que les dispositions de la loi du 28 juillet 1942, qui excluaient le report, s'appliquaient en l'espèce.
Arguments pertinents
1. Droit au report du bail : La Cour d'appel a jugé que les consorts H... avaient droit au report de leur bail, en raison de l'absence de reconstruction de l'immeuble et de l'utilisation des dommages de guerre. Elle a également conclu que l'arrêté de remembrement n'avait pas eu pour effet d'éteindre ce droit.
> "Les juges d'appel ont déduit à bon droit que par la seule intervention de l'arrêté de remembrement, les bailleurs n'avaient pas acquis sous l'empire de l'acte dit loi du 28 juillet 1942, à l'encontre du droit de report de leur locataire, des droits incompatibles avec les dispositions de la loi du 2 août 1949."
2. Inapplicabilité de la loi du 28 juillet 1942 : La Cour de cassation a souligné que l'article 5 de l'ordonnance du 8 septembre 1945 rendait inapplicables les dispositions de la loi du 28 juillet 1942 aux immeubles construits sous son empire, ce qui a conduit à une méconnaissance de la portée de ce texte par la Cour d'appel.
> "En statuant ainsi, elle a méconnu la portée du texte susvisé."
Interprétations et citations légales
1. Ordonnance du 8 septembre 1945 - Article 5 : Cet article stipule que les dispositions de la loi du 28 juillet 1942 ne s'appliquent pas aux immeubles construits en vertu de l'ordonnance, ce qui signifie que les droits au report des baux sur des locaux détruits par la guerre sont régis par les nouvelles dispositions de la loi du 2 août 1949.
> "Ce texte déclare inapplicable aux immeubles construits en vertu de ses dispositions celles de l'acte dit loi du 28 juillet 1942."
2. Loi du 2 août 1949 : Cette loi a introduit des dispositions nouvelles concernant le report des baux, remplaçant celles de la loi du 28 juillet 1942. La Cour de cassation a précisé que le droit au report ne pouvait pas renaître après l'arrêté de remembrement, qui avait définitivement exclu la possibilité de reconstruction à l'emplacement initial.
> "Le droit au report des consorts H... s'était définitivement éteint par application des dispositions de l'acte dit loi du 28 juillet 1942 et ne pouvait renaître par le jeu des dispositions nouvelles de la loi du 2 août 1949."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a été de casser l'arrêt de la Cour d'appel, en raison de l'application incorrecte des textes législatifs en matière de report de bail, en particulier en ce qui concerne l'inapplicabilité de la loi du 28 juillet 1942 aux immeubles reconstruits selon les dispositions de l'ordonnance du 8 septembre 1945.