Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société de l'Hôtel Duguesclin a entrepris des transformations de son immeuble, entraînant des contestations de la part de X..., propriétaire de l'hôtel contigu, le Mouton Blanc. X... a allégué que les nouvelles constructions de la société Duguesclin ne respectaient pas les dispositions des articles 678 et 679 du Code civil concernant les vues. Il a demandé le rétablissement des lieux dans leur état primitif, mais a été débouté de toutes ses prétentions par la cour d'appel. Le pourvoi de X... a été examiné, et bien que les deuxièmes et troisièmes moyens aient été rejetés, la Cour de cassation a cassé l'arrêt sur le premier moyen, en raison d'une mauvaise application des principes relatifs aux servitudes de vue.
Arguments pertinents
1. Sur les vues et la servitude continue : La cour d'appel a considéré que X... ne pouvait pas s'opposer à la création d'ouvertures par son voisin, car il n'avait pas acquis une servitude de vue par prescription. La Cour de cassation a contesté cette décision, arguant qu'une servitude de vue est continue et apparente dès lors qu'une ouverture existe, même si elle est rarement ouverte. La Cour a affirmé : « En décidant ainsi, alors qu'il s'agit d'une servitude continue et apparente qui existe du fait même de la présence de l'ouverture, la cour a violé les textes susvisés. »
2. Sur la distance légale des vues : La cour d'appel a également jugé que, même si X... avait acquis un droit de vue, il ne pouvait pas opposer l'inobservation de la distance légale par la société Duguesclin. La Cour de cassation a relevé que la distance doit être calculée à partir du parement extérieur du mur où l'ouverture se fait, ce qui a été mal interprété par la cour d'appel. La Cour a déclaré : « En statuant de la sorte, les juges d'appel ont violé le texte ci-dessus visé. »
3. Sur la vue oblique : Concernant la vue oblique, la cour d'appel n'a pas répondu aux contestations de X... sur la distance entre la nouvelle construction et son mur. La Cour de cassation a noté que la cour d'appel n'a pas satisfait aux exigences de l'article 7 de la loi du 20 avril 1810, qui impose une expertise pour établir les distances.
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 678 : Cet article stipule que les vues doivent respecter des distances minimales pour éviter les nuisances entre propriétés. La Cour de cassation a souligné que la cour d'appel a mal appliqué cet article en ne reconnaissant pas la servitude de vue existante.
2. Code civil - Article 679 : Cet article précise que les vues obliques doivent également respecter des distances spécifiques. La Cour a noté que la cour d'appel a erré en considérant la distance à partir d'un point inapproprié, ce qui a conduit à une mauvaise évaluation de la légalité de la vue.
3. Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Cet article impose que la distance pour les vues obliques soit mesurée correctement. La Cour de cassation a relevé que la cour d'appel n'a pas pris en compte les arguments de X... concernant la distance réelle entre les constructions, ce qui a justifié la cassation de l'arrêt.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a mis en lumière des erreurs d'interprétation des règles relatives aux servitudes de vue, soulignant l'importance de respecter les distances légales et de reconnaître les droits de propriété en matière de vues.