Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi concernant une expropriation par la Ville de Meudon d'un terrain de 2.302 mètres carrés sur un total de 2.898 mètres carrés. La décision initiale du juge de l'expropriation avait fixé l'indemnité d'expropriation à 34.350 francs, basée sur une estimation antérieure. Cependant, la Cour d'appel a révisé cette indemnité à 194.868 francs, en écartant deux mutations antérieures du bien. La Cour de cassation a annulé l'arrêt de la Cour d'appel, considérant qu'elle avait mal appliqué le texte de loi régissant l'évaluation des biens expropriés.
Arguments pertinents
1. Limite d'appréciation de la valeur : L'article 21 de l'ordonnance du 23 octobre 1958 stipule que les juges doivent se baser sur la dernière estimation d'un bien exproprié, tant que cette estimation est antérieure à la décision du juge. La Cour a souligné que la première mutation ne pouvait être écartée que si la seconde remplissait les conditions requises pour être prise en compte.
2. Évaluation des mutations : La Cour d'appel a écarté la première mutation du 4 mai 1957 pour ne pas être la plus récente et la seconde du 1er octobre 1961 car elle avait fait l'objet d'une déclaration provisoire. La Cour de cassation a jugé que cette approche était erronée, car la première mutation devait être considérée si la seconde ne remplissait pas les conditions.
Interprétations et citations légales
L'article 21 de l'ordonnance du 23 octobre 1958, dans sa rédaction antérieure à la loi du 26 juillet 1962, précise que :
- Article 21 : "Les juges doivent se fonder sur l'estimation donnée aux immeubles expropriés lors de leur plus récente mutation antérieure de moins de cinq ans à la décision, à condition que cette estimation soit elle-même antérieure à la décision du juge."
La Cour de cassation a interprété cet article en affirmant que la première mutation ne pouvait être écartée que si la seconde remplissait les conditions d'évaluation. Cela implique que les juges doivent examiner attentivement les circonstances entourant chaque mutation pour déterminer leur pertinence dans l'évaluation de l'indemnité d'expropriation.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation met en lumière l'importance de respecter les critères d'évaluation des biens expropriés et souligne la nécessité pour les juges de suivre rigoureusement les dispositions légales en matière d'expropriation.