Résumé de la décision
La décision concerne un pourvoi formé par les consorts B... contre une ordonnance du juge de l'expropriation du tribunal de grande instance de Limoges, datée du 21 février 1961, qui prononçait l'expropriation d'un immeuble pour cause d'utilité publique au profit de la ville de Limoges. Les consorts B... avaient contesté la légalité de cette ordonnance, arguant notamment de l'annulation par la juridiction administrative de la déclaration d'utilité publique et d'autres irrégularités procédurales. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi, confirmant la légalité de l'ordonnance d'expropriation.
Arguments pertinents
1. Rejet du premier moyen : La Cour a constaté que le recours des consorts B... contre la déclaration d'utilité publique avait été rejeté par le Conseil d'État le 15 janvier 1965. Par conséquent, le moyen invoqué manquait en fait, car la décision administrative contestée était toujours valide au moment de l'ordonnance d'expropriation. La Cour a affirmé : « le moyen manque en fait ».
2. Rejet du deuxième moyen : Les consorts B... ont soutenu que l'ordonnance ne précisait pas le bénéficiaire de l'expropriation. Cependant, la Cour a noté que l'ordonnance faisait référence à l'arrêté préfectoral et à la délibération du conseil municipal, qui indiquaient clairement que la ville de Limoges était le bénéficiaire. La Cour a conclu que « le moyen manque en fait ».
3. Rejet du troisième moyen : Les consorts B... ont également soutenu que l'ordonnance d'expropriation était illégale car elle avait été prononcée avant l'expiration d'un délai de 15 jours accordé pour un éventuel accord amiable. La Cour a précisé que l'absence d'accord amiable était suffisante pour justifier l'expropriation, sans qu'il soit nécessaire de mentionner un délai. Elle a souligné que la compétence du juge pour prononcer l'expropriation naît après l'accomplissement des formalités prévues par la loi, et non après l'expiration des délais. La Cour a affirmé que « l'ordonnance attaquée n'est entachée ni d'incompétence ni d'excès de pouvoir ».
Interprétations et citations légales
1. Sur la déclaration d'utilité publique : La Cour a rappelé que le rejet du recours administratif par le Conseil d'État conférait une base légale à l'ordonnance d'expropriation, soulignant l'importance de la validité des actes administratifs dans le cadre de l'expropriation.
2. Sur le bénéficiaire de l'expropriation : La référence à l'arrêté préfectoral et à la délibération du conseil municipal démontre que les exigences de clarté et de précision dans les actes d'expropriation sont respectées, conformément à la législation en vigueur.
3. Sur la procédure d'expropriation : La Cour a interprété les articles de l'ordonnance du 23 octobre 1958 et du décret du 20 novembre 1959, en précisant que la compétence du juge pour prononcer l'expropriation est acquise dès que toutes les formalités sont remplies, indépendamment des délais pour un accord amiable. Cela est en ligne avec l'article 25 du décret du 20 novembre 1959, qui traite des délais relatifs à la fixation de l'indemnité d'expropriation, et non de la compétence du juge pour ordonner l'expropriation elle-même.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a confirmé la légalité de l'ordonnance d'expropriation, en rejetant les moyens soulevés par les consorts B... sur la base de la validité des actes administratifs et de la compétence du juge d'expropriation.