Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi de X... (René) contre un arrêt de la Cour d'appel de Toulouse qui l'avait condamné à un an d'emprisonnement pour grivelerie. L'affaire concernait une occupation d'un logement dans un hôtel, où le demandeur avait séjourné du 1er au 12 mars 1964 sans régler sa note. La Cour d'appel avait considéré que la présentation de la note par l'hôtelier le 9 mars interrompait le délai de dix jours prévu par la loi pour constituer le délit de grivelerie. La Cour de cassation a annulé cet arrêt, estimant que la seule présentation de la note ne pouvait pas réduire la durée d'occupation au-delà de dix jours, rendant ainsi le délit non constitué.
Arguments pertinents
1. Durée d'occupation : La Cour de cassation a souligné que, selon l'article 401 du Code pénal, le délit de grivelerie ne peut être constitué que si l'occupation du logement n'a pas excédé dix jours. En l'espèce, l'occupation avait duré plus de dix jours, ce qui excluait la possibilité de poursuivre X... pour ce délit.
2. Interruption du délai : La Cour a jugé que la présentation de la note par l'hôtelier ne pouvait pas être considérée comme un acte interruptif de l'occupation. La Cour d'appel avait erronément interprété cette présentation comme un moyen de réduire la période d'occupation à moins de dix jours, ce qui n'était pas conforme à la loi.
3. Défaut de réponse aux conclusions : La Cour a également noté que la Cour d'appel ne s'était pas prononcée sur des conclusions expressément soulevées par le demandeur, ce qui constitue un défaut de réponse et une violation des droits de la défense.
Interprétations et citations légales
1. Article 401 du Code pénal : Cet article définit les infractions de filouterie, précisant que "l'occupation du logement n'a pas excédé une durée de dix jours" (Code pénal - Article 401, alinéa 6). La Cour de cassation a rappelé que cette condition est essentielle pour la constitution du délit.
2. Application des délais : La Cour a interprété que le délai de dix jours doit être pris en compte dans son intégralité, sans interruption due à la simple présentation de la note. Elle a affirmé que "cette seule circonstance était inopérante pour interrompre la durée de l'occupation" et que les faits ne possédaient plus de caractère délictuel.
3. Défaut de motifs : La décision de la Cour d'appel a été annulée pour défaut de motifs, car elle n'a pas répondu aux conclusions du demandeur, ce qui constitue une violation des droits procéduraux. La Cour de cassation a souligné que "la Cour avait été saisie de conclusions expresses auxquelles elle s'était abstenue de répondre".
En conclusion, la décision de la Cour de cassation rappelle l'importance de respecter les délais légaux dans la qualification des délits et souligne la nécessité d'une motivation adéquate des décisions judiciaires.