Résumé de la décision
Dans cette affaire, X..., ingénieur au service de la société Gemanconord, puis de la société Normacem, a été licencié sans que la clause de non-concurrence de son contrat de travail soit mentionnée. X... a demandé le paiement d'une indemnité prévue par la convention collective en raison de l'interdiction de concurrence qu'il estimait lui être applicable. La Cour d'appel a jugé que la clause de non-concurrence était valide et applicable, considérant que la société avait la faculté de l'appliquer à la suite du départ de X..., même si aucune manifestation expresse de volonté n'avait été faite. Le pourvoi de X... a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Validité de la clause de non-concurrence : La Cour a estimé que la clause de non-concurrence, bien qu'ambiguë, était valable car elle se référait à la convention collective qui réglementait les conditions de son application. La société aurait pu clarifier sa position mais ne l'a pas fait, ce qui a conduit à une interprétation favorable à X....
> "La clause elle-même, en se référant expressément à la convention collective, pouvait laisser croire au salarié que les dispositions de l'article 27 de celle-ci lui étaient immédiatement applicables lors du licenciement."
2. Interprétation des conditions d'application : La Cour a souligné que la clause de non-concurrence ne jouait pas automatiquement et était subordonnée à deux conditions : le départ de X... et la manifestation expresse de l'entreprise. Cependant, l'absence de cette manifestation n'a pas été jugée suffisante pour annuler la clause.
> "Il ressort de l'arrêt attaqué que cette dernière condition n'a jamais été remplie."
3. Ambiguïté des termes : La Cour a noté que les termes utilisés dans le contrat et la convention collective étaient similaires, ce qui a pu induire X... en erreur quant à l'application de la clause.
> "Le contrat de travail que la société se réservait 'la faculté de lui interdire de...' pouvait sans dénaturation être interprété comme renvoyant également de ce chef aux conditions de la convention collective."
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 1134 : Cet article stipule que les contrats doivent être exécutés de bonne foi. La Cour a interprété que l'absence de clarification de la part de l'employeur sur l'application de la clause de non-concurrence pouvait être considérée comme une mauvaise foi.
2. Code civil - Article 1184 : Cet article traite des conditions de validité des clauses contractuelles. La Cour a jugé que la clause de non-concurrence, bien que soumise à des conditions, était valide tant que ces conditions n'étaient pas clairement stipulées comme obligatoires.
3. Code du travail - Article 23 du Livre 1er : Cet article impose des limites à la clause de non-concurrence pour protéger les droits des salariés. La Cour a souligné que la convention collective visait à limiter l'impact de telles clauses sur les salariés, mais n'a pas annulé leur existence.
4. Convention collective - Article 27 : Cet article précise que l'employeur garde la faculté de prévoir une clause de non-concurrence. La Cour a interprété que cette faculté, bien que soumise à des conditions, était suffisamment claire pour être appliquée dans le cas présent.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel a été fondée sur une interprétation des clauses contractuelles et des dispositions de la convention collective, considérant que l'absence de manifestation expresse de l'employeur ne suffisait pas à annuler la validité de la clause de non-concurrence.