Résumé de la décision
La décision concerne une expropriation ordonnée le 4 juillet 1962 au profit de la commune de Gravanche, touchant deux terrains appartenant à X..., dont l'un abritait un hangar agricole. X... conteste la décision d'évaluation des biens expropriés, notamment le rejet de sa demande d'indemnité pour la perte du hangar, jugé menacé de ruine. La Cour d'appel a confirmé que le bâtiment n'avait pas de valeur vénale, justifiant ainsi le rejet de l'indemnité. De plus, la Cour a refusé d'indemniser X... pour l'enclavement d'un autre terrain, en se basant sur une servitude de passage qui n'était pas encore constituée. La Cour de cassation a cassé l'arrêt sur ce dernier point, renvoyant l'affaire devant la Cour d'appel de Dijon.
Arguments pertinents
1. Valeur vénale du bâtiment : La Cour d'appel a constaté que le hangar était "inhabitable et menaçait ruine", ce qui a conduit à la conclusion qu'il n'avait "pas d'autre valeur vénale que celle de la récupération des matériaux". Cela souligne l'importance de l'état physique du bien dans l'évaluation de l'indemnité d'expropriation.
2. Indemnisation pour l'enclavement : La Cour a jugé que le refus d'indemniser X... pour l'enclavement de son terrain était erroné, car la servitude de passage n'était pas encore constituée au moment de la décision. Cela met en lumière le principe selon lequel une servitude doit être acceptée par l'exproprié pour être considérée comme une compensation valable.
Interprétations et citations légales
1. Évaluation des biens expropriés : La décision se réfère à l'article 21 de l'ordonnance du 23 octobre 1958, qui stipule que "le juge fixe le montant des indemnités d'après la valeur des biens au jour de sa décision". Cette disposition souligne que l'évaluation doit être actualisée et tenir compte de l'état réel des biens au moment de l'expropriation.
2. Absence de valeur vénale : La Cour a affirmé que "la vétusté était telle qu'il ne présentait pas d'autre valeur vénale que celle de la récupération des matériaux", ce qui illustre l'application du principe selon lequel la valeur d'un bien doit être déterminée par son état et son utilité au moment de l'évaluation.
3. Servitude de passage : Le jugement a mis en avant que "la collectivité expropriante s'est engagée à maintenir au profit de la parcelle restante une servitude de passage", mais cette servitude n'était pas encore en vigueur au moment de la décision. Cela souligne l'importance de la formalisation des droits de passage pour qu'ils puissent être considérés comme une compensation légale.
En conclusion, cette décision illustre les principes fondamentaux de l'expropriation, notamment l'évaluation des biens selon leur état réel et la nécessité d'une compensation adéquate en cas d'enclavement, tout en respectant les procédures légales en vigueur.