Résumé de la décision
La décision concerne un pourvoi formé par la dame X contre une ordonnance rendue le 23 septembre 1960 par le juge de l'expropriation du tribunal de grande instance de Bordeaux, qui a prononcé l'expropriation pour cause d'utilité publique d'une parcelle de terrain appartenant à la dame X, au profit de la commune de Guîtres. Le pourvoi soulève plusieurs moyens de contestation, notamment la non-conformité du plan parcellaire, l'irrégularité de la tentative d'accord amiable, et l'absence de communication de la cause au ministère public. La Cour rejette le pourvoi, considérant que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité du premier moyen : La Cour souligne que le moyen tiré de la violation de la loi ne vise aucun des cas d'ouverture à cassation énumérés par l'article 30 de l'ordonnance du 23 octobre 1958, rendant ce moyen irrecevable. Cela souligne l'importance de respecter les procédures légales établies pour la recevabilité des pourvois.
2. Irregularité de la tentative d'accord amiable : Bien que la dame X conteste la validité de la lettre recommandée relative à la tentative d'accord amiable, la Cour note que les pièces relatives à cette tentative ne figuraient pas dans l'énumération des documents devant être transmis au juge d'expropriation selon l'article 15 du décret du 20 novembre 1959. La Cour précise que les griefs concernant la procédure de fixation de l'indemnité ne peuvent pas affecter la régularité de l'ordonnance d'expropriation.
3. Communication au ministère public : La dame X soutient que l'ordonnance a été rendue sans que la cause ait été communiquée au ministère public. Cependant, la Cour rappelle qu'aucun texte ne prévoit cette obligation pour les procédures soumises au juge d'expropriation, ce qui justifie le rejet de ce moyen.
Interprétations et citations légales
1. Article 30 de l'ordonnance du 23 octobre 1958 : Cet article énumère limitativement les cas d'ouverture à cassation. La Cour insiste sur le fait que le moyen invoqué ne s'inscrit dans aucun de ces cas, ce qui est fondamental pour la recevabilité des pourvois.
2. Article 15 du décret du 20 novembre 1959 : Cet article précise les pièces qui doivent être transmises par le préfet au juge de l'expropriation. La Cour souligne que l'absence de la lettre de tentative d'accord amiable dans cette transmission rend les arguments de la dame X infondés.
3. Absence de texte sur la communication au ministère public : La Cour rappelle qu'aucune disposition légale n'impose la communication des causes au ministère public dans le cadre des procédures d'expropriation, ce qui renforce la légitimité de l'ordonnance rendue.
En somme, la décision met en lumière l'importance de la conformité aux procédures légales dans les affaires d'expropriation et souligne que les moyens de contestation doivent être fondés sur des bases juridiques solides pour être recevables.