Résumé de la décision
Dans cette affaire, les consorts X... étaient propriétaires d'un immeuble commercial à Lens, donné en bail à Y.... Cet immeuble a été totalement détruit par des faits de guerre, et les consorts X... ont transféré leurs droits à des dommages de guerre, obtenant un appartement à Berck-sur-Mer. Y... a assigné ses anciens bailleurs et le Trésor public pour obtenir réparation du préjudice résultant de l'absence de report de son bail. La Cour d'appel de Douai a confirmé la condamnation des consorts X... à indemniser Y... pour ce dommage. Les consorts X... ont formé un pourvoi en cassation, qui a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Sur la qualité de l'instance d'appel : La Cour a constaté que l'instance d'appel avait été introduite après le 2 mars 1959, rendant ainsi le premier moyen de pourvoi non fondé.
2. Sur l'indemnisation : La Cour d'appel a correctement déterminé que le défaut de reconstruction de l'immeuble sur un autre terrain à Lens était dû à un fait volontaire des propriétaires. Elle a rejeté l'argument selon lequel le défaut de reconstruction était dû à une opération de remembrement, soulignant que la responsabilité des consorts X... était engagée en raison de leur méconnaissance des droits de Y....
3. Sur la garantie des affaissements : La Cour a précisé que si les consorts X... avaient accepté le terrain offert en compensation, ils auraient bénéficié de la garantie des affaissements miniers, ce qui contredit leur refus basé sur des craintes non fondées.
Interprétations et citations légales
1. Sur la responsabilité des propriétaires : La Cour a affirmé que "c'est le fait volontaire accompli par les consorts X... en méconnaissance des droits de Y... qui autorise celui-ci à solliciter le bénéfice de la loi du 2 juin 1955". Cela indique que la responsabilité des propriétaires est engagée non seulement par l'absence de reconstruction, mais aussi par leur comportement vis-à-vis des droits du locataire.
2. Sur la valeur de l'attestation : La Cour a déclaré que "l'attestation alléguée d'un ancien commissaire au remembrement n'avait que la valeur d'une opinion personnelle", soulignant ainsi l'importance de l'appréciation des preuves par la Cour d'appel, qui a exercé son pouvoir souverain.
3. Application de la loi du 2 juin 1955 : La décision précise que "l'application de la loi du 2 juin 1955 n'est pas mise en échec par le fait que le transfert litigieux était antérieur à sa publication". Cela met en lumière le principe selon lequel les droits des locataires peuvent être protégés même dans des situations où les événements se sont produits avant l'entrée en vigueur de la loi.
Références légales
- Code civil - Article 1721 : Cet article traite des obligations des bailleurs, notamment en ce qui concerne la garantie des droits des locataires.
- Loi du 2 juin 1955 : Cette loi vise à protéger les droits des locataires dans des situations de destruction de biens loués, permettant ainsi des recours pour indemnisation.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Douai a été confirmée par la Cour de cassation, qui a rejeté le pourvoi des consorts X..., considérant que leur responsabilité était engagée et que les droits de Y... étaient dûment protégés par la législation en vigueur.