Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant la Société Nationale des Entreprises de Presse (SNEP) à l'Entreprise de Presse Société Arrault et Cie, représentée par son liquidateur, la Cour d'appel d'Orléans a statué sur la validité d'une ordonnance de référé du 15 juillet 1947, qui avait accordé mainlevée des mesures de séquestre sur les biens de la société Arrault. Bien que cette ordonnance ait été frappée d'appel, elle était devenue définitive en raison de la péremption de l'appel. La Cour a déclaré que cette ordonnance était privée d'effet en raison de l'intervention d'un décret du 9 août 1947 et d'arrêts des 22 juin et 16 octobre 1950, qui avaient transféré les biens de la société Arrault à l'État et à la SNEP. La Cour a également précisé qu'elle n'était pas compétente pour apprécier la légalité des actes administratifs contestés et a renvoyé les parties à se pourvoir devant la juridiction administrative compétente. Le pourvoi formé contre l'arrêt a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Incompétence des tribunaux judiciaires : La Cour d'appel a justifié sa décision en affirmant qu'il n'appartenait pas aux tribunaux de l'ordre judiciaire d'apprécier la légalité des actes administratifs, tant que leur régularité formelle n'était pas contestée. Cela se traduit par l'énoncé suivant : « il n'appartenait pas aux tribunaux de l'ordre judiciaire d'apprécier la légalité d'actes administratifs ».
2. Application immédiate des actes administratifs : La Cour a également souligné que tant que les actes administratifs n'avaient pas été déclarés illégaux par la juridiction compétente, leur application devait être immédiate. Cela est illustré par l'affirmation que « la Cour d'appel ne pouvait refuser l'application immédiate d'actes administratifs, tant que ceux-ci n'avaient pas été déclarés illégaux ».
3. Absence de contradiction : La Cour a conclu qu'il n'y avait pas de contradiction dans sa décision, car elle a déclaré que l'ordonnance de référé était privée d'effet en raison de l'intervention des actes administratifs, tout en laissant la possibilité à la société Arrault de contester ces actes devant la juridiction administrative.
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs principes juridiques sont appliqués, notamment :
- Séparation des pouvoirs : La décision met en lumière le principe selon lequel les juridictions judiciaires ne peuvent pas remettre en cause la légalité des actes administratifs tant qu'ils n'ont pas été déclarés illégaux par une autorité compétente. Cela est en accord avec le principe de séparation des pouvoirs, qui est fondamental dans le droit administratif.
- Application des actes administratifs : La Cour a affirmé que les actes administratifs doivent être appliqués tant qu'ils sont en vigueur et non annulés. Cela est en ligne avec le principe de la présomption de légalité des actes administratifs, qui est souvent évoqué dans le droit administratif français.
En ce qui concerne les textes de loi, bien que la décision ne cite pas directement des articles spécifiques, elle s'inscrit dans le cadre des principes généraux du droit administratif et de la jurisprudence relative à la légalité des actes administratifs. Par exemple :
- Code administratif - Article 1 : Ce code établit les bases de la légalité des actes administratifs et la compétence des juridictions administratives pour les contester.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel d'Orléans est fondée sur des principes établis de séparation des pouvoirs et de présomption de légalité des actes administratifs, ce qui justifie le rejet du pourvoi formé par la société Arrault.