Résumé de la décision
Dans cette affaire, les époux X... contestent une décision de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence qui a jugé que le mur, dont ils revendiquaient la propriété exclusive, était mitoyen avec le fonds de la demoiselle Y..., qui avait acquis cette mitoyenneté par prescription. La Cour d'appel a constaté que des constructions avaient été adossées au mur pendant plus de trente ans sans contestation, ce qui a permis à la demoiselle Y... d'acquérir la mitoyenneté par prescription. Le pourvoi des époux X... a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Acquisition de la mitoyenneté par prescription : La Cour d'appel a statué que l'adossement de constructions au mur, bien que sans convention formelle, pouvait mener à l'acquisition de la mitoyenneté par prescription si cette situation perdurait pendant trente ans. La Cour a affirmé : « le maintien de cette situation peut, s'il se prolonge pendant trente ans, donner lieu à acquisition de la mitoyenneté par prescription ».
2. Caractère de la possession : La Cour a relevé que l'adossement des hangars contre le mur constituait un acte de possession caractérisé, car la demoiselle Y... se comportait comme si le mur était sa propriété. Elle a noté qu'« aucune protestation n'a jamais été élevée contre cette emprise », ce qui a permis de conclure à la possession paisible et non équivoque.
3. Réponse aux conclusions des époux X... : La Cour a également indiqué qu'elle avait répondu aux arguments des époux X... en établissant que la possession avait les caractères prévus par l'article 2229 du Code civil, ce qui a permis de fonder légalement sa décision.
Interprétations et citations légales
1. Prescription trentenaire : La décision s'appuie sur le principe de la prescription trentenaire, qui est régie par le Code civil. Selon l'article 2262 du Code civil, « la prescription est acquise par trente ans de possession ». La Cour a interprété que, bien que l'adossement sans convention ne confère pas automatiquement la mitoyenneté, la possession prolongée et non contestée peut mener à son acquisition.
2. Possession et caractères requis : L'article 2229 du Code civil stipule que « la possession est utile à celui qui en justifie l'exercice ». La Cour a constaté que la possession par la demoiselle Y... avait été paisible, continue et non équivoque, ce qui répondait aux exigences de cet article.
3. Présomption de propriété : Les époux X... ont également fait valoir la présomption légale de propriété exclusive du mur selon l'article 653 du Code civil, qui dispose que « le mur qui sépare deux propriétés est réputé mitoyen ». Cependant, la Cour a jugé que cette présomption pouvait être renversée par la preuve d'une possession prolongée et non contestée.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel repose sur une interprétation des règles de la prescription et de la possession, établissant que la demoiselle Y... a acquis la mitoyenneté du mur par une possession conforme aux exigences légales, malgré l'absence de convention formelle.