Résumé de la décision
La Cour d'appel de Nîmes a rendu un arrêt le 14 mars 1962 concernant un litige entre X... et la société Arlésienne de Motoculture, ainsi que d'autres parties. X... avait acheté un tracteur d'occasion qui a rapidement cessé de fonctionner. Après avoir constaté les vices cachés, il a engagé une procédure de référé pour expertise, puis a déposé une plainte pénale pour tromperie. Cette plainte a été classée sans suite. Finalement, X... a assigné les parties en justice pour obtenir des dommages-intérêts pour vices cachés. La cour a jugé son action irrecevable, la déclarant tardive, car X... avait attendu trop longtemps pour agir après avoir eu connaissance du vice.
Arguments pertinents
1. Délai d'action : La Cour a souligné que X... avait connu l'existence et l'étendue du vice le 11 décembre 1958, mais qu'il avait attendu plus de quinze mois avant d'introduire son action. Selon l'article 1648 du Code civil, le délai pour agir en redhibition est de deux ans à compter de la découverte du vice. La cour a donc estimé que ce délai était largement dépassé.
> "X... a connu l'existence précise et l'étendue du vice le 11 décembre 1958... il a attendu plus de quinze mois pour engager son action au principal."
2. Obligation d'agir rapidement : La Cour a également noté que X... n'était pas tenu d'attendre la décision sur l'appel de l'ordonnance de référé pour introduire son action. Il devait agir rapidement, d'autant plus qu'il n'avait pas assigné la société Arlésienne de Motoculture en référé.
> "X... n'était pas tenu d'attendre l'arrêt rendu sur l'appel d'une ordonnance de référé pour introduire son instance au principal."
3. Substitution d'actions : La Cour a observé que X... avait choisi de poursuivre une action pénale pour vice caché, ce qui a retardé son action civile. Elle a conclu qu'il avait substitué de facto son action civile par une action pénale, et qu'il n'avait pas agi de manière diligente.
> "X... a, de son propre gré, substitué en fait à l'action civile en dommages-intérêts pour vice caché, la poursuite pénale."
Interprétations et citations légales
L'article 1648 du Code civil stipule que l'action en garantie des vices cachés doit être intentée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. La décision de la Cour d'appel repose sur l'interprétation de ce délai et sur l'obligation de diligence de la part de l'acheteur.
- Code civil - Article 1648 : "L'action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l'acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice."
La Cour a interprété cet article en considérant que le délai court dès la connaissance du vice et que l'acheteur doit agir sans délai. Elle a également souligné que le choix de X... de poursuivre une action pénale ne justifiait pas son inaction dans le cadre de l'action civile.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Nîmes a été fondée sur une évaluation rigoureuse des délais légaux et des obligations de l'acheteur en matière de vices cachés, affirmant ainsi que le moyen de X... n'était pas fondé et rejetant son pourvoi.