Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté les pourvois de Claude X... et de Georges Y..., qui avaient été condamnés par la cour d'appel de Pau à trois mois d'emprisonnement avec sursis et à une amende de 5000 francs pour des infractions aux articles 11, 13 et 15 du décret du 10 novembre 1954 et à l'article 59 de la loi du 7 août 1957. Le pourvoi de Y... a été déclaré éteint en raison de son décès survenu durant l'instance. La Cour a jugé que les faits reprochés impliquaient une volonté délibérée des prévenus, ce qui justifiait leur condamnation.
Arguments pertinents
1. Sur l'action publique : La Cour a constaté que l'action publique s'éteint par le décès du prévenu, conformément à l'article 6 du Code de procédure pénale. Par conséquent, le pourvoi de Y... concernant l'action publique n'a pas été examiné.
2. Sur l'action civile : Malgré le décès de Y..., la Cour a affirmé que le pourvoi pouvait être poursuivi par ses héritiers, et a donc statué sur l'action civile. Elle a souligné que l'absence d'intervention des héritiers ne rendait pas le pourvoi non avenu.
3. Sur les infractions : La Cour a rejeté le moyen de cassation des demandeurs, qui soutenaient qu'il manquait une intention frauduleuse dans leur comportement. Elle a constaté que les faits incriminés avaient été commis volontairement, ce qui suffisait à établir leur culpabilité. La Cour a précisé que l'intention frauduleuse pouvait être déduite de la violation volontaire des prescriptions légales.
Interprétations et citations légales
1. Article 6 du Code de procédure pénale : Cet article stipule que "l'action publique s'éteint par le décès du prévenu". Cela a conduit la Cour à ne pas examiner le pourvoi de Y... concernant l'action publique, car son décès a mis fin à cette action.
2. Articles 11, 13 et 15 du décret n° 54-1123 du 10 novembre 1954 : Ces articles visent à protéger l'épargne contre certaines activités répréhensibles dans le domaine de la construction. La Cour a interprété ces dispositions comme nécessitant une violation volontaire des règles pour établir la culpabilité, sans qu'il soit nécessaire de prouver une intention frauduleuse distincte.
3. Article 59 de la loi du 7 août 1957 : Cet article prévoit des sanctions pour les infractions aux dispositions du décret précité. La Cour a jugé que les faits constatés, tels que l'exigence de sommes supérieures au maximum légal et l'omission de mentionner le prix du terrain, constituaient des violations volontaires des dispositions légales.
La Cour a donc conclu que les juges du fond avaient correctement appliqué la loi en déclarant X... et Y... coupables, en se basant sur les faits établis qui démontraient une volonté délibérée de leur part de commettre les infractions.