Résumé de la décision
La décision concerne la jonction de deux procédures d'expropriation pour cause d'utilité publique, relatives à des parcelles de terrain situées à Orange, destinées à l'aménagement d'une autoroute. La première ordonnance, datée du 15 octobre 1963, a ordonné le transport en vue de l'expropriation, tandis que la seconde, en date du 18 octobre 1963, a prononcé l'expropriation au profit de l'État. Les requérants ont contesté ces ordonnances sur plusieurs moyens, notamment le défaut de notification à une propriétaire, la nullité de certains décrets et l'absence de déclaration d'utilité publique. La cour a rejeté les pourvois, confirmant la légalité des ordonnances.
Arguments pertinents
1. Notification et qualité de propriétaire : Il a été reproché à l'ordonnance d'expropriation de ne pas avoir notifié Dame Jeanne Y..., qui se prétendait propriétaire. La cour a statué que le magistrat, bien qu'il ait reçu une requête relative à la propriété, n'était pas compétent pour statuer sur le fond du droit de propriété et pouvait donc prononcer l'expropriation contre la seule personne désignée comme propriétaire. La cour a affirmé : « le magistrat, qui prononce, par ordonnance, l'expropriation pour cause d'utilité publique, doit se borner à vérifier et à constater l'accomplissement des formalités légales ».
2. Validité des décrets : Les requérants ont contesté la validité de plusieurs décrets, arguant qu'ils étaient nuls. La cour a précisé que le magistrat n'avait pas la qualité pour apprécier la régularité des actes administratifs présentés, et a donc rejeté ces moyens, affirmant que « lesdits moyens doivent être rejetés ».
3. Absence d'avis préalable : Les requérants ont également contesté l'absence d'avis préalable obligatoire. La cour a répondu que les avis requis, selon les articles 11 et 12 du décret du 6 juin 1959, relèvent de la procédure d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique, et que leur vérification échappe au contrôle du juge de l'expropriation.
Interprétations et citations légales
1. Article 15 du décret du 6 juin 1959 : Cet article stipule que le magistrat doit se limiter à vérifier l'accomplissement des formalités légales pour prononcer l'expropriation. La cour a souligné que le magistrat n'a pas à se prononcer sur la qualité de réclamant ou sur le fond du droit de propriété, ce qui est crucial pour comprendre la portée de la décision.
2. Décret du 28 août 1961 et décret modificateur du 17 janvier 1963 : Ces décrets sont mentionnés comme étant les bases légales pour la déclaration d'utilité publique des travaux de construction de l'autoroute. La cour a confirmé que ces décrets étaient valides et que les formalités avaient été respectées.
3. Article 7 du décret du 28 août 1949 : La cour a pris en compte le certificat du préfet attestant que les acquisitions immobilières nécessaires à la réalisation du projet étaient exemptées du contrôle prévu par cet article, renforçant ainsi la légitimité de l'expropriation.
En conclusion, la décision de la cour a été fondée sur une interprétation stricte des compétences du magistrat en matière d'expropriation, ainsi que sur le respect des formalités administratives requises, ce qui a conduit au rejet des pourvois.