Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Compagnie d'Études et de Réalisation Industrielles (CERI) avait été chargée de construire un garage pour la Société Civile Immobilière JFP. Après la réception provisoire des travaux, des malfaçons ont été signalées. La Cour d'appel a jugé que l'entrepreneur pouvait être tenu responsable des vices cachés, même après la réception provisoire, et a confirmé le rapport d'expertise sur le coût des réparations. Le pourvoi formé par l'entrepreneur a été rejeté par la Cour de cassation.
Arguments pertinents
1. Responsabilité de l'entrepreneur après réception provisoire : La Cour d'appel a décidé que si des vices apparaissent après la réception provisoire mais avant la réception définitive, l'entrepreneur peut être tenu responsable en vertu des articles 1792 et 2270 du Code civil. La Cour a affirmé que "si un vice se révèle après la réception provisoire et avant la réception définitive, c'est-à-dire pendant le délai de garantie, l'entrepreneur pourra être recherché".
2. Absence de contradiction dans la décision : La Cour de cassation a rejeté l'argument selon lequel la Cour d'appel se serait contredite en qualifiant les malfaçons de vices cachés tout en affirmant que la réception définitive couvrait le vice. Elle a précisé que les malfaçons avaient été constatées avant la réception définitive, ce qui justifiait l'application des articles mentionnés.
3. Expertise et abattement : Concernant le rapport d'expertise, la Cour a constaté que l'expert avait déjà déduit un abattement de 20 % du montant total des réparations, et que la Cour d'appel avait retenu le montant correct après cette déduction.
4. Initiative de l'entrepreneur : En ce qui concerne les vices des planchers, la Cour a relevé que l'entrepreneur avait proposé de réduire le prix à condition d'utiliser un certain type de plancher, ce qui impliquait qu'il était responsable de la fourniture de ce matériau et, par conséquent, des vices qui en découlaient.
Interprétations et citations légales
1. Responsabilité décennale : Les articles 1792 et 2270 du Code civil établissent la responsabilité des constructeurs pour les vices cachés. L'article 1792 précise que "tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit envers le maître de l'ouvrage des dommages causés par des vices de construction". L'article 2270 stipule que "la responsabilité décennale court à compter de la réception de l'ouvrage".
2. Délai de garantie : La question du délai de garantie a été soulevée, mais la Cour de cassation a noté que ce point n'avait pas été soumis aux juges du fond, ce qui a conduit à son irrecevabilité. Cela souligne l'importance de soumettre tous les arguments pertinents aux instances inférieures.
3. Expertise et déductions : La décision a également mis en lumière l'importance des rapports d'expertise. La Cour a confirmé que l'expert avait correctement appliqué un abattement de 20 % sur le coût des réparations, ce qui a été retenu par la Cour d'appel.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a confirmé la responsabilité de l'entrepreneur pour les vices cachés, même après la réception provisoire, et a validé les conclusions de l'expertise sur le coût des réparations, en soulignant l'importance de la diligence dans la présentation des arguments juridiques.