Résumé de la décision
Dans cette affaire, les époux Z... ont vendu une propriété agricole aux époux A... en mars 1950, le prix étant fixé en rente viagère. Il était stipulé que les acheteurs ne devaient rien faire pour diminuer la valeur des biens vendus. La vente a été résolue pour violation de cette obligation. Les époux A... ont formé un pourvoi, contestant la décision de la cour d'appel qui avait refusé d'admettre la nullité d'une expertise et déclaré la vente résolue en raison d'un défaut d'entretien des bâtiments, imputable à l'acquéreur. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi, confirmant la décision de la cour d'appel.
Arguments pertinents
1. Sur la nullité de l'expertise : Le pourvoi soutenait que l'expert avait délégué ses pouvoirs à un tiers, ce qui aurait dû entraîner la nullité de l'expertise. La Cour a rappelé que "la loi présume cette condition remplie" et qu'il n'est pas nécessaire pour le juge de constater cette existence. La cour d'appel a donc pu fonder sa décision sur le rapport de l'expert, qui avait reçu mandat de s'entourer de tous renseignements utiles.
2. Sur la résolution de la vente : Les époux A... contestaient la décision de la cour d'appel, arguant que le défaut d'entretien des bâtiments ne leur était pas imputable et qu'il n'y avait pas de diminution de valeur. La Cour a noté que la demande de nouvelle expertise était subsidiaire et que la cour d'appel n'était pas tenue de suivre les demandeurs dans le détail de leur argumentation. Elle a exercé son pouvoir souverain d'appréciation en refusant cette demande.
Interprétations et citations légales
1. Sur l'expertise : La Cour a précisé que "l'expert doit procéder en personne à l'accomplissement de sa mission", mais qu'il peut recueillir des renseignements nécessaires. Cela se fonde sur le principe que "la loi présume cette condition remplie", ce qui signifie que le juge n'est pas contraint de vérifier cette condition pour valider l'expertise.
2. Sur la résolution de la vente : La Cour a affirmé que "l'expertise est un mode d'instruction purement facultatif pour le juge", sauf dans les cas où une disposition légale en déclare l'obligation. Cela se réfère à la liberté d'appréciation du juge dans l'évaluation des preuves et des demandes des parties.
Ces principes sont en ligne avec le Code civil - Article 1353, qui stipule que "celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit prouver les faits qui en constituent le fondement". La cour d'appel a donc agi conformément à ce cadre légal en appréciant souverainement les éléments de preuve présentés.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a confirmé la légitimité des décisions de la cour d'appel, tant sur la question de l'expertise que sur la résolution de la vente, en s'appuyant sur des principes juridiques bien établis.