Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi de X... (Henri) contre deux arrêts de la Cour d'assises de la Vendée, datés du 13 janvier 1965, qui l'avaient condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le pourvoi a été fondé sur la violation de plusieurs articles du Code pénal et du Code de procédure pénale, en particulier sur le fait que la question de la provocation, qui aurait pu constituer une excuse légale, n'avait pas été posée alors qu'elle avait été expressément demandée par la défense. La Cour de cassation a constaté cette violation et a annulé l'arrêt de la Cour d'assises, renvoyant l'affaire devant la Cour d'assises des Deux-Sèvres.
Arguments pertinents
1. Violation des droits de la défense : La défense avait demandé l'application des articles 321 et 326 du Code pénal relatifs à l'excuse légale de provocation, mais cette question n'a pas été posée par la Cour d'assises, ce qui constitue une violation des droits de l'accusé. La Cour de cassation a souligné que "la position de la question d'excuse légale s'impose à peine de nullité lorsque l'accusé le demande".
2. Inobservation des règles de procédure : Selon l'article 349, alinéa 3, du Code de procédure pénale, chaque excuse invoquée doit faire l'objet d'une question distincte. La Cour a noté que bien que la question subsidiaire ait été posée, l'excuse légale prévue par l'article 321 avait été expressément invoquée et devait donc faire l'objet d'une question spéciale.
3. Conséquences de la violation : La Cour a conclu que la non-prise en compte de la question de provocation a conduit à une décision fondamentalement viciée, entraînant l'annulation de l'arrêt de la Cour d'assises et des réparations civiles.
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure pénale - Article 349 : Cet article stipule que "chaque excuse invoquée fait l'objet d'une question distincte posée à la Cour et au jury". Cela souligne l'importance de respecter les droits de la défense en matière de procédure pénale.
2. Code pénal - Article 321 : Cet article précise que "le meurtre ainsi que les blessures et les coups sont excusables, s'ils ont été provoqués par des coups ou violences graves envers les personnes". Cela établit la base légale pour invoquer la provocation comme excuse légale.
3. Code pénal - Article 326 : Cet article indique que si le fait d'excuse est prouvé, la peine est réduite dans les conditions prévues. Cela souligne l'importance de la question de provocation dans le cadre de la défense de l'accusé.
La décision de la Cour de cassation met en lumière l'importance de la procédure pénale et le respect des droits de la défense, en insistant sur le fait que chaque excuse légale invoquée doit être examinée et traitée de manière appropriée par la juridiction compétente.