Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant Y... à Veuve X..., la Cour d'appel de Rouen a été saisie d'une action en expulsion suite à un litige concernant un herbager attribué à Veuve X... à la suite d'opérations de remembrement dans la commune de Capelle-les-Grands. Y... a contesté la compétence des juridictions civiles pour interpréter la décision de la Commission départementale de remembrement, qui avait ordonné l'attribution litigieuse. La Cour d'appel a rejeté cette exception d'incompétence, déclarant les tribunaux judiciaires compétents. Y... a également été condamné à des dommages-intérêts pour résistance abusive, mais la Cour a précisé qu'elle n'avait pas statué sur cette question. Le pourvoi formé par Y... a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Compétence des juridictions civiles : La Cour d'appel a affirmé que la décision de la Commission départementale de remembrement était claire et ne nécessitait pas d'interprétation. Elle a statué que la compétence des juridictions civiles était justifiée, car la décision administrative était définitive et n'appelait pas de contestation. La Cour a déclaré : « il n'y avait lieu à aucune interprétation d'acte administratif ».
2. Absence de contradiction : La Cour a souligné qu'il n'y avait pas de contradiction dans sa décision, car elle a simplement annulé une décision antérieure de la Commission communale pour revenir au projet initial approuvé. Cela a permis de confirmer l'attribution à Veuve X... sans ambiguïté.
3. Dommages-intérêts : Concernant la condamnation à des dommages-intérêts pour résistance abusive, la Cour a précisé qu'elle n'avait pas statué sur cette question, se limitant à confirmer la compétence des tribunaux judiciaires.
Interprétations et citations légales
1. Article 30 du Code rural : La décision de la Cour repose sur l'interprétation de l'article 30 du Code rural, qui stipule que « la date de clôture des opérations de remembrement rural est celle du dépôt en mairie du plan définitif du remembrement ». Cela signifie que la décision de la Commission départementale, une fois publiée et affichée, est considérée comme définitive et ne peut être contestée par les juridictions civiles.
2. Clarté de la décision administrative : La Cour a noté que la décision de la Commission départementale était « parfaitement claire » et qu'elle annulait simplement une décision antérieure sans ambiguïté. Cela renforce l'idée que les actes administratifs, une fois publiés et conformes aux procédures, sont opposables et ne nécessitent pas d'interprétation supplémentaire.
3. Compétence des tribunaux judiciaires : La décision de la Cour d'appel de confirmer la compétence des tribunaux judiciaires est soutenue par le fait qu'aucune ambiguïté ne subsiste quant à l'attribution de la parcelle litigieuse, ce qui justifie le rejet de l'exception d'incompétence soulevée par Y....
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Rouen repose sur une interprétation claire des textes de loi et des décisions administratives, affirmant la compétence des juridictions civiles dans ce contexte particulier.