Résumé de la décision
Dans cette affaire, les consorts X..., anciens co-propriétaires d'une maison à Salins-les-Bains, ont été poursuivis par la commune et un voisin, Marandet, pour des dommages liés à la dégradation de l'immeuble qu'ils avaient négligé d'entretenir. Après une procédure administrative ayant conduit à la démolition de l'immeuble, la commune a engagé une action en responsabilité sur le fondement de l'article 1382 du Code civil pour obtenir le remboursement des frais de démolition et des coûts de construction d'un mur. La Cour d'appel a fait droit à ces demandes. Les consorts X... ont formé un pourvoi en cassation, qui a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Incompétence des tribunaux judiciaires : Les consorts X... n'ont pas soulevé l'incompétence des tribunaux judiciaires pour connaître de l'action de la commune. Selon l'article 168 du Code de procédure civile, les exceptions d'incompétence doivent être soulevées avant toute autre défense. La Cour de cassation a donc déclaré irrecevables les arguments des consorts X... sur ce point, en raison de leur absence de contestation en première instance.
2. Qualité d'intervention de la commune : La question de savoir si la commune pouvait intervenir dans les relations de droit privé entre propriétaires mitoyens n'a pas été soumise à la Cour d'appel. Par conséquent, la Cour de cassation a considéré que ce grief, nouveau et mélangé de fait et de droit, ne pouvait pas être invoqué pour la première fois devant elle.
3. Application des règles de mitoyenneté : La Cour d'appel a jugé que l'action de Marandet, bien qu'issue d'un quasi-délit, n'était pas indivisible de celle de la commune. Elle a donc exclu l'application des règles de la mitoyenneté, en se basant sur le fait que l'action de Marandet concernait spécifiquement une demande de réparation de quasi-délit, et non une action fondée sur des droits de mitoyenneté.
Interprétations et citations légales
1. Incompétence des tribunaux : L'article 168 du Code de procédure civile stipule que "les parties ne peuvent soulever les exceptions d'incompétence qu'avant toutes autres exceptions et défenses". Cela souligne l'importance de soulever les questions de compétence en temps utile, ce qui n'a pas été fait par les consorts X....
2. Qualité d'intervention de la commune : La question de la qualité d'intervention de la commune dans les rapports de droit privé dépend de la nature de l'action. La Cour a noté que cette question n'avait pas été soumise à la Cour d'appel, rendant le grief irrecevable.
3. Règles de mitoyenneté : La Cour d'appel a fondé sa décision sur le fait que l'action de Marandet ne relevait pas des règles de la mitoyenneté, car elle était fondée sur un quasi-délit. Cela est en accord avec l'interprétation des articles 1382 et 1383 du Code civil, qui traitent de la responsabilité délictuelle et des quasi-délits, respectivement. La Cour a donc exclu l'application de l'article 663 du Code civil, qui régit les droits des propriétaires de murs mitoyens, en raison de la nature distincte de l'action engagée par Marandet.
En conclusion, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi, confirmant ainsi la décision de la Cour d'appel de Besançon et les fondements juridiques sur lesquels elle s'est appuyée.