Résumé de la décision
La décision concerne un litige relatif à l'indemnisation d'une expropriation de terrains situés à Dijon, déclarés d'utilité publique par un arrêté du 24 mai 1963. L'Institut National de la Recherche Agronomique a acquis ces terrains, dont l'un appartenait à Dame Y..., par acte notarié en 1965, sous réserve de fixation du prix. La Cour d'appel de Dijon a évalué l'indemnité due à Dame Y... à 35 370 francs, en considérant que les terrains devaient être classés comme terrains à usage agricole, car à la date de référence, il n'existait pas de plan d'urbanisme approuvé et les terrains n'étaient pas desservis par des voies et réseaux divers. Le pourvoi a été rejeté, les arguments de l'appelant n'étant pas fondés.
Arguments pertinents
1. Évaluation des terrains : La Cour a jugé que l'évaluation des terrains devait se faire selon leur état à la date de référence du 12 décembre 1961, en se basant sur les conditions prévues par la loi du 10 juillet 1965. La Cour a constaté qu'aucune des conditions nécessaires pour considérer les terrains comme constructibles n'était remplie, à savoir l'absence d'un plan d'urbanisme approuvé et le fait que le terrain était exclusivement utilisé à des fins agricoles.
> "L'arrêt attaqué constate qu'à la date de référence, l'immeuble exproprié ne remplissait aucune des deux conditions exigées par la loi du 10 juillet 1965 pour être considéré comme terrain à bâtir."
2. Absence de prise en compte des accords amiables : L'appelant a également soutenu que la Cour aurait dû tenir compte des accords amiables réalisés entre l'expropriant et d'autres titulaires de droits. Cependant, la Cour a précisé que ces accords n'étaient pas pertinents pour l'évaluation des terrains en question, car il n'était pas prouvé que ces terrains étaient inclus dans le périmètre des opérations d'expropriation.
> "Il n'indique pas et il n'a pas été porté à la connaissance du juge du fond que ces terrains, situés au lieu-dit en Vieille Fourche, se trouvaient compris à l'intérieur du périmètre des opérations faisant l'objet de la déclaration d'utilité publique."
Interprétations et citations légales
1. Loi du 10 juillet 1965 : Cette loi modifie les conditions d'évaluation des terrains expropriés. Selon l'article 3, III, la juridiction doit tenir compte des accords amiables réalisés entre l'expropriant et les titulaires de droits, mais cela est conditionné par la démonstration que ces accords sont pertinents pour l'évaluation.
> "Il faut que les faits ainsi portés à la connaissance du juge fassent apparaître que les conditions requises pour l'application de ces dispositions se trouvent réunies."
2. Critères d'évaluation : Les juges ont appliqué les critères d'évaluation en se basant sur la situation réelle des terrains à la date de référence, en excluant les projets non approuvés. Cela souligne l'importance de l'état réel et de l'usage des terrains au moment de l'expropriation.
> "Les juges du fond qui ne pouvaient prendre en considération un projet de plan d'urbanisme non encore approuvé, ont justement décidé que le bien en question devait être évalué comme un terrain à usage agricole."
Cette décision illustre l'importance de l'état réel des biens au moment de l'expropriation et la nécessité de respecter les procédures légales en matière d'urbanisme pour déterminer la valeur des terrains.