Résumé de la décision
La Cour de cassation a annulé l'arrêt de la Cour d'assises des Landes du 30 octobre 1967, qui avait condamné X... (Robert) à la peine de mort pour vol qualifié et assassinat. La décision a été fondée sur deux moyens de cassation. Le premier moyen concernait la violation des règles relatives à la prestation de serment des témoins, notamment l'omission du mot "toute" dans la formule de serment, ce qui a conduit à un non-respect des prescriptions légales. Le second moyen portait sur l'absence de mention des circonstances atténuantes dans la feuille des questions, ce qui constitue une violation des obligations procédurales du président de la cour. En conséquence, la Cour a renvoyé l'affaire devant la Cour d'assises de la Gironde pour un nouveau jugement.
Arguments pertinents
1. Violation du serment des témoins : La Cour a constaté que la formule de serment utilisée lors des débats ne respectait pas la prescription légale de l'article 331 du Code de procédure pénale, qui stipule que les témoins doivent jurer de "dire toute la vérité". La modification de cette formule, en omettant le mot "toute", a été jugée comme une atteinte à la validité du serment. La Cour a affirmé : "cette formule qui est sacramentelle ne comporte ni modification, ni retranchement".
2. Absence de mention des circonstances atténuantes : La Cour a également relevé que la feuille des questions ne contenait aucune mention relative aux circonstances atténuantes, bien que le président de la Cour d'assises ait l'obligation de poser cette question lorsque la culpabilité de l'accusé est reconnue. La Cour a souligné que "la déclaration en ce qui concerne les circonstances atténuantes est exprimée qu'elle soit affirmative ou négative", ce qui constitue une obligation procédurale.
Interprétations et citations légales
1. Sur la prestation de serment :
- Code de procédure pénale - Article 331 : "Les témoins produits devant la cour d'assises doivent, avant de déposer, prêter le serment de 'parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, rien que la vérité'."
- La Cour a interprété cet article de manière stricte, affirmant que toute modification de la formule sacramentelle est inacceptable, ce qui est essentiel pour garantir l'intégrité des témoignages.
2. Sur les circonstances atténuantes :
- Code de procédure pénale - Article 356 : "Le président est tenu de poser la question des circonstances atténuantes toutes les fois que la culpabilité de l'accusé est reconnue."
- Code de procédure pénale - Article 358, alinéa 4 : "La déclaration en ce qui concerne les circonstances atténuantes est exprimée qu'elle soit affirmative ou négative."
- La Cour a interprété ces articles comme imposant une obligation stricte au président de la cour, ce qui vise à assurer que toutes les considérations pertinentes sont prises en compte dans le jugement.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur des principes fondamentaux de la procédure pénale, garantissant le respect des droits de l'accusé et l'intégrité du procès. Les erreurs procédurales relevées ont conduit à une annulation justifiée de la condamnation.