Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Martin Otzenberger, condamné par la Cour d'appel de Paris pour exercice illégal de la pharmacie. Otzenberger avait fabriqué et vendu des produits dénommés "Disembryor" et "SuperVitalisant Dietessol" sans être titulaire du diplôme d'État de pharmacien. La Cour d'appel a jugé que ces produits constituaient des médicaments au sens de l'article L 511 du Code de la santé publique, malgré les arguments de la défense qui invoquaient un décret du 25 mars 1966 censé modifier les conditions d'application de cet article. La Cour de cassation a confirmé cette décision, considérant que les produits en question répondaient à la définition de médicaments.
Arguments pertinents
1. Définition des médicaments : La Cour a affirmé que les produits fabriqués et vendus par Otzenberger, bien que présentés comme des produits diététiques, possédaient des propriétés curatives et préventives, ce qui les qualifiait de médicaments selon l'article L 511 du Code de la santé publique. La Cour a noté que "les substances dont s'agit, présentées comme possédant des propriétés curatives et préventives à l'égard des maladies humaines, répondent à la première définition du médicament".
2. Inapplicabilité du décret : La Cour a également souligné que le décret du 25 mars 1966, qui visait les produits alimentaires non médicamenteux, ne modifiait pas les définitions des médicaments fournies par l'article L 511. Elle a conclu que "ce décret, qui porte règlement d'administration publique pour l'application de la loi du 1er août 1905 sur la répression des fraudes, n'affecte nullement les définitions du médicament".
Interprétations et citations légales
1. Article L 511 du Code de la santé publique : Cet article définit ce qu'est un médicament, incluant les substances destinées à traiter ou prévenir des maladies humaines. La Cour a appliqué cette définition pour juger que les produits d'Otzenberger constituaient des médicaments, car ils étaient présentés comme ayant des effets sur la santé.
2. Décret du 25 mars 1966 : Bien que ce décret ait introduit des dispositions concernant la composition et la présentation des produits diététiques, la Cour a interprété que ces dispositions ne s'appliquaient pas aux produits considérés comme des médicaments. La Cour a précisé que "les produits litigieux ayant été à juste titre reconnus par les juges du fond comme des médicaments, n'entrent pas dans le champ d'application du décret susvisé".
3. Loi du 20 avril 1810 : Cette loi, bien que mentionnée dans le pourvoi, n'a pas été directement discutée dans la décision, mais elle fait partie du cadre légal régissant l'exercice de la pharmacie et les conditions d'application des lois relatives aux médicaments.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des définitions légales des médicaments, affirmant que les produits d'Otzenberger, malgré leur présentation comme diététiques, répondaient aux critères de médicaments et justifiaient ainsi la condamnation pour exercice illégal de la pharmacie.