Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Norbert Lagane contre un arrêt de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, daté du 15 mars 1968, qui l'avait condamné à quatre ans d'emprisonnement pour vol. Le pourvoi était fondé sur deux moyens de cassation, l'un relatif à la nullité de la signification de l'appel et l'autre concernant la délivrance d'un mandat de dépôt.
Arguments pertinents
1. Premier moyen de cassation : La Cour a constaté que le demandeur n'avait pas soulevé la prétendue nullité de la signification de l'acte d'appel devant les juges du second degré. Elle a précisé que, bien que les nullités relatives aux formes et délais d'appel soient d'ordre public, elles ne peuvent être invoquées devant la Cour de cassation que si les éléments nécessaires à leur appréciation sont présents dans les constatations des juges du fond. En l'absence de ces constatations, le moyen ne pouvait être accueilli.
> "Il n'est pas établi, ni même allégué que le demandeur ait invoqué, devant les juges du second degré, la prétendue nullité de la signification de l'acte d'appel du procureur général."
2. Second moyen de cassation : Concernant le mandat de dépôt, la Cour a jugé que la décision de la Cour d'appel était conforme aux exigences de l'article 465, alinéa 1 du Code de procédure pénale. Elle a précisé qu'aucun texte n'impose aux juges de tenir un débat sur cette mesure d'exécution ni d'entendre le ministère public ou le prévenu à ce sujet.
> "En statuant ainsi, la Cour d'appel a fait une exacte application de l'article 465, alinéa 1 du Code de procédure pénale dont les dispositions ont été étendues aux juridictions d'appel par l'article 512 du même code."
Interprétations et citations légales
1. Article 7 de la loi du 27 décembre 1923 : Cet article impose que le visa de l'huissier sur l'acte délivré par un clerc assermenté soit requis pour authentifier la délivrance de l'acte au prévenu. La Cour a souligné que le demandeur n'ayant pas soulevé ce point devant les juges du fond, il ne pouvait pas se prévaloir de cette nullité devant la Cour de cassation.
2. Code de procédure pénale - Article 465 : Cet article stipule que le mandat de dépôt ou d'arrêt ne peut être délivré que par une décision spéciale et motivée. La Cour a interprété que cette exigence ne nécessite pas un débat préalable, ce qui a été confirmé par l'absence d'obligation d'entendre le ministère public ou le prévenu.
> "Aucun texte n'impose aux juges l'obligation d'engager un débat sur cette mesure d'exécution et d'entendre, à ce sujet, le ministère public, non plus que le prévenu."
3. Code de procédure pénale - Article 512 : Cet article étend les dispositions de l'article 465 aux juridictions d'appel, renforçant ainsi la légitimité de la décision prise par la Cour d'appel dans le cadre de la délivrance du mandat de dépôt.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation confirme la rigueur procédurale en matière d'appel et de délivrance de mandats, tout en rappelant l'importance de soulever les nullités au bon moment dans le cadre des procédures judiciaires.