Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par le Procureur général près la Cour de cassation contre un jugement rendu le 21 décembre 1967 par le tribunal correctionnel d'Angers, qui avait relaxé Alcide Y... des chefs d'homicide involontaire, de blessures involontaires, et d'infractions au décret du 8 janvier 1965. Le Procureur a demandé la cassation de ce jugement dans l'intérêt de la loi. La Cour a finalement cassé le jugement, estimant que le tribunal avait violé les dispositions légales en ne tenant pas compte des responsabilités pénales du chef d'entreprise.
Arguments pertinents
1. Responsabilité pénale du chef d'entreprise : La Cour a souligné que le jugement attaqué ne pouvait exonérer le président-directeur général de sa responsabilité pénale que s'il avait prouvé qu'il avait délégué la direction du chantier à un préposé compétent et autorisé. La Cour a précisé que cette constatation n'était pas présente dans le jugement du tribunal correctionnel.
> "Le jugement attaqué ne pouvait exonérer le chef d'entreprise de toute responsabilité pénale que s'il avait constaté expressément au préalable que celui-ci avait délégué la direction du chantier à un préposé investi par lui et pourvu de la compétence et de l'autorité nécessaires pour veiller efficacement à l'observation de la loi."
2. Application stricte des dispositions légales : La Cour a rappelé que les dispositions du Code du travail et des règlements d'administration publique doivent être appliquées strictement, et qu'il incombe au chef d'entreprise de veiller à leur application constante.
> "Les dispositions édictées par le Code du travail ou les règlements d'administration publique pris pour son application dans le dessein d'assurer l'hygiène et la sécurité des travailleurs sont d'application stricte."
Interprétations et citations légales
1. Code du travail - Article 173 : Cet article précise que la responsabilité pénale peut être engagée pour des infractions relatives à la sécurité des travailleurs. La Cour a noté que cet article ne vise pas uniquement le directeur ou le chef d'établissement, mais s'applique également à d'autres responsables.
> "L'article 173 du livre II du Code du travail ne vise pas, comme unique contrevenant possible, le directeur ou chef d'établissement."
2. Code du travail - Article 176 : Cet article renforce l'idée que la responsabilité pénale est engagée en cas de manquement aux obligations de sécurité, et que le chef d'entreprise doit prouver qu'il a pris toutes les mesures nécessaires pour prévenir de tels manquements.
> "Il appartient au chef d'entreprise de veiller personnellement et à tout moment à leur constante application."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation illustre l'importance de la responsabilité pénale des chefs d'entreprise en matière de sécurité au travail, et la nécessité pour eux de prouver qu'ils ont délégué leurs responsabilités de manière appropriée pour éviter toute implication pénale.