Résumé de la décision
La Cour de cassation a partiellement cassé l'arrêt de la Cour d'appel de Colmar du 14 décembre 1967, qui avait prononcé la relaxe de Henri Y... et de son épouse Reine Y..., poursuivis pour avoir préparé et mis en vente des médicaments sans être titulaires du diplôme de pharmacien. La Cour a jugé que la décision de relaxe n'était pas légalement justifiée, car les juges d'appel avaient imposé une condition non prévue par la loi concernant la nécessité de joindre des documents explicatifs aux produits pour établir l'infraction.
Arguments pertinents
1. Violation des dispositions légales : La Cour de cassation a constaté que la Cour d'appel avait mal appliqué les articles du Code de la santé publique, en exigeant que les documents relatifs à l'usage du produit soient remis avec chaque sachet pour établir l'infraction. La Cour a souligné que "Aucune des dispositions du Code de la santé publique n'a prévu que les prescriptions concernant le conditionnement des substances présentées comme des médicaments... doivent être jointes aux produits ou remises à chaque acheteur".
2. Nature du produit : La Cour a noté que les époux Y... avaient commercialisé un produit qui, selon la documentation fournie, avait des propriétés curatives. Cela a été corroboré par un article de journal et une feuille roneotypée précisant les indications thérapeutiques du produit. La Cour a déclaré que "le produit était conditionné en sachets contenant vingt grammes de cette substance", ce qui le qualifiait de médicament au sens de la loi.
Interprétations et citations légales
1. Définition du médicament : Selon le Code de la santé publique - Article L 511, "on entend par médicament toute composition présentée comme possédant des propriétés curatives et conditionnée au usage médical". Cette définition est essentielle pour établir si le produit commercialisé par les époux Y... pouvait être considéré comme un médicament.
2. Réserves aux pharmaciens : L'article L 512 du même code stipule que "la préparation et la mise en vente des médicaments sont réservées aux pharmaciens". Cela souligne l'illégalité de l'action des époux Y..., qui n'étaient pas titulaires du diplôme requis.
3. Conditionnement et documentation : La Cour a critiqué la condition imposée par la Cour d'appel selon laquelle les documents devaient être joints aux produits pour établir l'infraction. La Cour de cassation a précisé que "les juges, en soumettant l'application des textes susvisés à une condition qu'ils ne comportaient point, n'ont pas légalement justifié la décision de relaxe".
En conclusion, la décision de la Cour de cassation met en lumière l'importance de l'application correcte des dispositions légales concernant la définition et la mise en vente des médicaments, tout en soulignant que les juges ne peuvent imposer des conditions non prévues par la loi pour établir la culpabilité dans des affaires pénales.