Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par Jean X... contre un arrêt de la Cour d'appel de Bordeaux, daté du 4 janvier 1968, qui l'avait condamné pour abandon de famille à une amende de 500 francs et à 1 franc de dommages-intérêts. Le pourvoi contestait la décision sur la base d'une violation des règles de procédure pénale, arguant que la Cour d'appel avait statué sur des faits qui n'étaient pas ceux pour lesquels elle avait été saisie. La Cour de cassation a annulé l'arrêt de la Cour d'appel, considérant que la condamnation était dépourvue de base légale.
Arguments pertinents
1. Limitation des faits à ceux relevés dans l'ordonnance : La Cour de cassation a rappelé que les juridictions correctionnelles ne peuvent statuer que sur les faits mentionnés dans l'ordonnance ou la citation qui les a saisies. En l'espèce, l'arrêt attaqué avait condamné le prévenu pour non-paiement d'une pension alimentaire en se basant sur un arrêt de la Cour de Bordeaux du 30 octobre 1961, alors que la Cour était saisie d'un non-paiement résultant d'un arrêt de la Cour d'Agen du 9 décembre 1965. Cela constitue une violation des règles de procédure pénale.
2. Inadéquation des faits retenus : La Cour a souligné que les faits retenus dans l'arrêt de la Cour d'appel étaient différents de ceux qui avaient été soumis à son examen. Les juges avaient été saisis d'une ordonnance fondée sur l'inexécution d'un jugement de la Cour d'Agen, ce qui ne permettait pas de retenir le non-paiement des mensualités de 1965, car la décision de la Cour d'Agen n'était intervenue qu'après cette période.
Interprétations et citations légales
1. Sur la compétence des juridictions correctionnelles : La Cour de cassation a rappelé que « les juridictions correctionnelles ne peuvent légalement statuer que sur les faits relevés par l'ordonnance ou par la citation qui les a saisies ». Cela souligne l'importance de la clarté et de la précision dans les actes de poursuite, garantissant ainsi le droit à un procès équitable.
2. Sur la base légale de la condamnation : La Cour a conclu que « la condamnation prononcée contre X... est dépourvue, en l'état, de base légale », ce qui met en lumière l'exigence d'une adéquation entre les faits reprochés et ceux qui ont été effectivement examinés par la juridiction.
3. Références légales : Les articles de loi pertinents cités dans la décision incluent :
- Code de procédure pénale - Article 388 : qui traite des modalités de saisine des juridictions pénales.
- Code de procédure pénale - Article 593 : qui stipule que les décisions doivent être motivées et fondées sur des éléments clairement établis.
En conclusion, cette décision de la Cour de cassation illustre l'importance du respect des règles de procédure pénale et la nécessité pour les juridictions de se limiter aux faits pour lesquels elles ont été saisies, afin de garantir la légalité des décisions rendues.