Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté les pourvois de la Fédération Départementale des Chasseurs des Ardennes et de la Société de Chasse de Tetaigne contre un arrêt de la Cour d'appel de Nancy, daté du 21 mars 1968. Cet arrêt avait relaxé un prévenu, X..., accusé de chasse sur le terrain d'autrui sans le consentement du propriétaire. La Cour d'appel avait jugé que le prévenu, locataire d'un droit de chasse au gibier d'eau sur la rivière du Chiers, n'avait pas commis d'infraction, car il ne chassait que le gibier d'eau et ne s'était pas éloigné du bord de la rivière.
Arguments pertinents
1. Relaxation du prévenu : La Cour d'appel a justifié la relaxation de X... en constatant qu'il ne chassait que le gibier d'eau et qu'il n'avait pas quitté le bord de la rivière. Cette appréciation des faits relève de la souveraineté des juges du fond.
> "Les juges du fond ont constaté que ce dernier, qui ne s'était pas écarté du bord de la rivière, n'avait recherché aucun gibier autre que le gibier d'eau pouvant se trouver sur son lot."
2. Incompétence de la juridiction pénale : La Cour a également déclaré la juridiction pénale incompétente pour statuer sur les actions civiles, en raison de l'absence d'infraction pénale.
> "La Cour d'appel a légalement justifié sa décision."
Interprétations et citations légales
1. Article 22 du Cahier des charges de l'adjudication : Cet article précise que le locataire d'un droit de chasse au gibier d'eau a le droit de chasser dans les limites des parties louées, excluant toute action de chasse sur les terrains adjacents. Cela a été un point central dans la décision de la Cour d'appel.
> "L'article 22 du cahier des charges de l'adjudication du droit de chasse au gibier d'eau précisait que l'intéressé avait le droit, en se conformant aux lois et règlements sur la chasse, de chasser le gibier d'eau dans l'étendue des parties louées."
2. Code rural - Articles 365, 373 et 374 : Ces articles régissent les conditions de la chasse et les droits des chasseurs. La Cour a interprété que le prévenu, en tant que locataire d'un droit de chasse, agissait dans les limites de la légalité.
3. Code civil - Article 1382 : Cet article concerne la responsabilité civile. La Cour a jugé que, sans infraction pénale établie, il n'y avait pas de fondement pour une action en dommages-intérêts.
> "Il n'était pas établi que le prévenu chassait un autre gibier que le gibier d'eau."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des droits de chasse et des faits établis par la Cour d'appel, qui a agi dans le cadre de son appréciation souveraine des preuves.