Résumé de la décision
Dans l'affaire jugée par la Cour d'appel de Caen le 16 janvier 1968, le pourvoi contestait la validité d'un arrêt rendu sur la base d'un "rapport oral" du conseiller rapporteur, alors que le pourvoi soutenait que la présentation d'un rapport écrit était obligatoire. De plus, le litige concernait une clause de révision de prix dans un contrat d'achat d'actions, où la Cour d'appel a estimé qu'il appartenait aux experts de déterminer le sens et la portée de cette clause, et non à la Cour elle-même. Le pourvoi a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Sur le rapport oral : La Cour a jugé que les dispositions du décret du 13 octobre 1965 et du décret du 7 décembre 1967, qui imposent un rapport écrit, ne s'appliquent qu'aux appels interjetés après leur mise en vigueur. Étant donné que l'appel avait été formé avant le 6 avril 1962, le moyen soulevé était mal fondé. La Cour a affirmé : « le juge rapporteur, tenu d'établir un rapport écrit, doit présenter son rapport à l'audience, n'est applicable qu'aux appels formés après la mise en vigueur du premier de ces textes ».
2. Sur la clause de révision : Concernant la clause de révision du prix, la Cour a confirmé que c'était aux experts de déterminer son sens et sa portée, en se basant sur l'intention commune des parties. La Cour a précisé que « la clause litigieuse n'enfreignait pas les dispositions de la loi sur le cours forcé du franc », et a souligné que l'interprétation des conventions n'était pas claire, justifiant ainsi le recours aux experts.
Interprétations et citations légales
1. Application des décrets : La décision s'appuie sur les décrets du 13 octobre 1965 et du 7 décembre 1967, précisant que l'article 81-6 du Code de procédure civile ne s'applique qu'aux appels formés après leur entrée en vigueur. Cela illustre l'importance de la date de l'appel dans l'application des nouvelles règles procédurales.
- Code de procédure civile - Article 81-6 : « Le juge rapporteur, tenu d'établir un rapport écrit, doit présenter son rapport à l'audience ».
2. Interprétation des conventions : La Cour a également fait référence à la nécessité de déterminer l'intention des parties en ce qui concerne la clause de révision. Cela souligne l'importance de l'interprétation des contrats et le rôle des experts dans le cadre de litiges complexes.
- Code civil - Article 1134 : « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ». Cette citation rappelle que les parties sont liées par leurs engagements contractuels, mais que leur interprétation peut nécessiter une expertise.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Caen a été fondée sur une analyse rigoureuse des textes législatifs et des intentions des parties, confirmant ainsi le rôle des experts dans l'interprétation des clauses contractuelles ambiguës. Le pourvoi a été rejeté, affirmant la validité de l'arrêt attaqué.