Résumé de la décision
Dans cette affaire, Hauff, propriétaire de la ferme du Plateau, a donné celle-ci en location aux époux X... par un acte du 21 juillet 1959. Le 28 décembre 1966, Hauff a signifié un congé aux locataires pour le 1er novembre 1968, invoquant un droit de reprise pour exploitation personnelle. Les époux X... ont contesté la validité de ce congé, arguant que Hauff, n'ayant jamais pratiqué l'agriculture, serait dans l'impossibilité d'exploiter personnellement la ferme, d'autant plus que des expropriations administratives compromettaient l'exploitation. La cour d'appel a confirmé le congé, rejetant les arguments des époux X... et validant la reprise.
Arguments pertinents
1. Rejet de la demande d'expertise : La cour d'appel a estimé que les allégations des époux X... concernant l'impossibilité d'exploitation de la ferme ne reposaient sur aucun fondement sérieux. En conséquence, elle a jugé qu'il n'y avait pas lieu de recourir à une expertise pour vérifier ces allégations. La cour a affirmé : « les allégations des preneurs [...] ne reposent sur aucun fondement sérieux ».
2. Indépendance de l'expropriation : La cour a également souligné que l'éventualité d'une expropriation pour cause d'utilité publique n'influe pas sur l'application de l'article 845 du Code rural, qui stipule que le bailleur doit se consacrer à l'exploitation du bien repris. Elle a noté que, malgré les expropriations, il restait un noyau de 48 hectares permettant la continuation de l'exploitation.
3. Appréciation souveraine des juges : Les juges du second degré ont exercé leur pouvoir d'appréciation en refusant d'ordonner l'expertise demandée par les époux X..., considérant qu'ils n'avaient pas fait état d'expropriations en cours de réalisation. Ils ont conclu que les difficultés alléguées ne constituaient pas une impossibilité d'exploitation.
Interprétations et citations légales
L'article 845 du Code rural est central dans cette décision. Il stipule que le bailleur peut reprendre le bien loué pour exploitation personnelle, à condition de s'y consacrer de manière effective et permanente. La cour a interprété cet article comme permettant au bailleur de reprendre le bien même en cas d'expropriation, tant qu'il reste une partie exploitable.
Citation légale :
- Code rural - Article 845 : « Le bailleur, bénéficiaire de la reprise, devra, à partir de celle-ci, se consacrer à l'exploitation du bien repris et participer sur les lieux aux travaux de façon effective et permanente. »
La cour a également mis en avant que les époux X... avaient eux-mêmes reconnu dans une protestation qu'il n'y avait pas d'impossibilité à la continuation de l'exploitation, mais seulement des difficultés, ce qui a renforcé la décision de la cour d'appel.
En conclusion, la cour a rejeté le pourvoi des époux X..., considérant que les arguments avancés ne justifiaient pas une annulation du congé donné par Hauff.