Résumé de la décision
La Cour de Cassation a été saisie d'un pourvoi formé par la société Anciens Etablissements Georges Schiever et fils contre un arrêt de la cour d'appel de Paris, qui avait accueilli la demande de la société Bourgogne produits frais (BPF) en paiement du prix de marchandises. La société Schiever contestait cette décision en invoquant une compensation avec sa propre créance au titre des ristournes pour l'année 1988. La Cour a rejeté le pourvoi, confirmant que la société Schiever n'avait pas droit à des ristournes, en raison de l'absence d'accord sur leur montant et du non-respect du seuil de chiffre d'affaires requis.
Arguments pertinents
1. Absence de convention écrite : La cour d'appel a constaté qu'il n'existait pas de convention écrite sur les ristournes, mais seulement un barème pour l'année 1987. La Cour de Cassation a souligné que c'est dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation que la cour d'appel a considéré ce barème comme l'élément objectif pour déterminer les droits de la société Schiever.
2. Décompte de ristournes : La cour d'appel a noté que la société BPF avait adressé un décompte de ristournes de 339 604,56 francs pour 1988, tandis que la société Schiever réclamait 466 956,27 francs. Cela a conduit à la conclusion qu'il n'y avait pas d'accord entre les parties sur le montant des ristournes.
3. Chiffre d'affaires insuffisant : La Cour a également relevé que le chiffre d'affaires réalisé par la société Schiever en 1988 était inférieur au seuil minimum convenu de 80 000 000 francs, ce qui justifiait le refus de la cour d'appel d'accorder des ristournes.
Interprétations et citations légales
1. Article 1134 du Code civil : Cet article stipule que les conventions doivent être exécutées de bonne foi. La Cour a interprété cet article en considérant que l'absence d'accord sur le montant des ristournes et le non-respect des conditions convenues (seuil de chiffre d'affaires) ne permettaient pas à la société Schiever de revendiquer des ristournes.
> "La cour d'appel a estimé que ce barème est le seul élément objectif permettant de déterminer les droits de la société Schiever au paiement de ristournes."
2. Article 109 du Code de commerce : Cet article concerne les obligations des commerçants dans le cadre de leurs relations commerciales. La cour d'appel a appliqué cet article pour conclure à l'absence d'accord sur les ristournes, renforçant ainsi l'idée que les parties doivent respecter les termes convenus.
> "La cour d'appel a constaté que la société BPF avait adressé à la société Schiever un décompte de ristournes... ce dont il résultait l'absence d'accord des parties sur le montant des ristournes."
En somme, la décision de la Cour de Cassation repose sur une interprétation stricte des accords commerciaux et des obligations contractuelles, soulignant l'importance de la clarté et de la bonne foi dans les relations d'affaires.