Résumé de la décision
Mme Jacqueline Z... a été employée par l'association Aide au logement en tant que femme de ménage depuis le 3 décembre 1974. Après que l'association a été placée en redressement judiciaire le 15 novembre 1993, Mme Z... a saisi la juridiction prud'homale pour réclamer le paiement de primes d'ancienneté pour la période de 1990 à 1994. La cour d'appel de Rouen a rejeté sa demande, estimant qu'aucun avenant à la convention collective ne prévoyait ces primes et qu'il n'existait pas d'usage en ce sens. Mme Z... a formé un pourvoi en cassation, qui a été également rejeté par la Cour de Cassation.
Arguments pertinents
1. Absence d'avenant : La Cour de Cassation a souligné que, selon l'article 32 de la Convention collective de la Fédération nationale des centres PACT, un avenant ultérieur devait déterminer les conditions et modalités d'application de la prime d'ancienneté. En l'absence d'un tel avenant, la demande de Mme Z... ne pouvait être fondée.
2. Pas d'obligation d'instruction : La cour d'appel n'était pas tenue d'ordonner une mesure d'instruction, car elle a constaté qu'aucun avenant n'avait été intervenu et qu'il n'existait pas d'usage concernant le paiement de la prime d'ancienneté. Cela a permis à la cour de rejeter la demande de la salariée sans nécessiter d'examen supplémentaire.
3. Justification légale de la décision : En rejetant la demande de Mme Z..., la cour d'appel a légalement justifié sa décision, ce qui a conduit la Cour de Cassation à conclure que le moyen de Mme Z... n'était pas fondé.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation de la convention collective applicable, notamment :
- Article 32 de la Convention collective de la Fédération nationale des centres PACT : Cet article stipule qu'un avenant ultérieur doit déterminer les conditions et modalités d'application de la prime d'ancienneté. Cela implique que sans cet avenant, la prime ne peut être exigée.
La Cour de Cassation a également fait référence à la nécessité de prouver l'existence d'un usage en matière de primes d'ancienneté. En l'absence de preuves d'un tel usage, la demande de Mme Z... ne pouvait être acceptée.
En conclusion, la décision de la Cour de Cassation repose sur une interprétation stricte des dispositions de la convention collective et sur le principe selon lequel les droits des salariés doivent être clairement établis par des textes ou des usages reconnus.