Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. Philippe Y... et Mme Marie-Françoise X... ont cédé des actions à la société des Etablissements Paul A... sous certaines conditions suspensives, notamment la révision des comptes par le cabinet Coopers et Lybrand. En cas de désaccord sur les comptes, un autre cabinet, Ernst et Young, devait être saisi. Les cédants ont contesté la révision effectuée par la société Expertise et Audit de Bretagne (EAB), membre de Coopers et Lybrand, arguant que seule Coopers et Lybrand pouvait réaliser cette révision. La cour d'appel a jugé que la révision par EAB était valide, ce qui a conduit les cédants à former un pourvoi en cassation. La Cour de Cassation a rejeté le pourvoi, confirmant la décision de la cour d'appel.
Arguments pertinents
1. Dénaturation de la clause contractuelle : Les cédants soutenaient que la cour d'appel avait dénaturé la clause stipulant que seul le cabinet Coopers et Lybrand était chargé de la révision des comptes. Ils affirmaient que cette clause excluait toute substitution ou délégation à un membre du réseau Coopers et Lybrand, comme EAB. La Cour a répondu que la cour d'appel avait correctement interprété la clause en tenant compte de l'appartenance d'EAB au réseau Coopers et Lybrand.
2. Interprétation des conclusions des cédants : Les cédants ont fait valoir que leur argumentation ne contestait pas la qualité d'EAB en tant que membre, mais soulignait que la désignation était faite à l'égard de la personne morale Coopers et Lybrand. La Cour a estimé que la cour d'appel n'avait pas dénaturé leurs conclusions, car elle avait reconnu l'appartenance d'EAB au réseau.
3. Inopposabilité de la convention d'appartenance : Les cédants ont également soutenu que la convention par laquelle EAB était devenue membre de Coopers et Lybrand était inopposable à eux. La Cour a jugé que la cour d'appel n'avait pas méconnu l'effet relatif des conventions, car elle a établi que le cabinet EAB pouvait se prévaloir de son appartenance à Coopers et Lybrand.
Interprétations et citations légales
- Code civil - Article 1134 : Cet article stipule que les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. La Cour a appliqué cet article pour affirmer que la cour d'appel n'avait pas dénaturé la clause contractuelle, car elle avait respecté l'intention des parties en tenant compte de la structure du réseau Coopers et Lybrand.
- Code de procédure civile - Article 4 : Cet article interdit au juge de trancher sur des points qui n'ont pas été débattus par les parties. La Cour a constaté que la cour d'appel n'avait pas méconnu cet article, car elle avait correctement interprété les arguments des cédants sans dénaturer leurs conclusions.
- Code civil - Article 1165 : Cet article traite de l'effet relatif des conventions, stipulant que les contrats ne peuvent nuire à ceux qui n'y sont pas parties. La Cour a conclu que la cour d'appel avait correctement appliqué cet article en reconnaissant la validité de la révision effectuée par EAB, membre de Coopers et Lybrand, et en ne considérant pas la convention d'appartenance comme inopposable aux cédants.
En somme, la Cour de Cassation a confirmé la décision de la cour d'appel en considérant que les arguments des cédants ne remettaient pas en cause la légitimité de la révision des comptes effectuée par EAB, membre du réseau Coopers et Lybrand.