Résumé de la décision
Le préfet de Corse a déféré au juge des référés une demande de suspension de l'arrêté du 8 avril 2024, par lequel le maire de Sari Solenzara a délivré un permis de construire à M. B A pour une maison individuelle sur des parcelles cadastrées B 1237 et B 1239. Le préfet soutient que cet arrêté méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et que le terrain concerné fait partie des espaces naturels protégés par le Plan d'Aménagement et de Développement Durable de la Corse (PADDUC). Le juge des référés a ordonné la suspension de l'exécution de l'arrêté, considérant que les moyens soulevés créent un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Arguments pertinents
1. Doute sérieux quant à la légalité : Le juge a estimé que les arguments du préfet, selon lesquels l'arrêté méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme et est incompatible avec le PADDUC, sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'acte. Cela justifie la suspension de l'exécution de l'arrêté.
> "Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 8 avril 2024 du maire de la commune de Sari Solenzara."
2. Application des dispositions légales : Le juge a appliqué les dispositions de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, qui permet au représentant de l'État de demander la suspension d'un acte qu'il estime illégal, en précisant que la demande de suspension doit être examinée dans un délai d'un mois.
> "Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué."
Interprétations et citations légales
1. Code général des collectivités territoriales - Article L. 2131-6 : Cet article permet au préfet de déférer au tribunal administratif les actes qu'il estime contraires à la légalité et de demander leur suspension. La condition pour que la suspension soit accordée est que les moyens invoqués créent un doute sérieux quant à la légalité de l'acte.
> "Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué."
2. Code de l'urbanisme - Article L. 121-8 : Cet article impose des restrictions sur la construction dans certaines zones, notamment celles classées comme espaces naturels, sylvicoles et pastoraux. Le juge a considéré que le projet de construction sur le terrain en question pourrait être incompatible avec ces dispositions.
> "Le terrain, support du projet fait partie des espaces naturels, sylvicoles et pastoraux délimités par le PADDUC qui a entendu renforcer la préservation de ces espaces."
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une analyse des arguments du préfet, qui soulèvent des doutes sérieux quant à la légalité de l'arrêté de permis de construire, justifiant ainsi la suspension de son exécution.