Résumé de la décision
M. A B, ancien ingénieur des travaux publics de l'État, a contesté la décision du 16 janvier 2023 qui fixait la date d'effet de sa pension au 14 décembre 2022, ainsi que le rejet de son recours gracieux. Il a demandé au tribunal administratif d'annuler cette décision, de modifier la date d'effet de sa pension au 1er juin 2022, de lui verser les arrérages de pension depuis cette date, et de condamner l'État à lui verser 1 000 euros au titre des frais de justice. Le ministre de l'économie a soulevé l'incompétence territoriale du tribunal administratif de Bordeaux. En application des règles de compétence, le tribunal a décidé de transmettre le dossier au tribunal administratif d'Orléans, compétent pour connaître du litige.
Arguments pertinents
1. Incompétence territoriale : Le tribunal administratif de Bordeaux n'est pas compétent pour traiter le litige, car la pension de M. B est payée par le centre de gestion des retraites de Tours. Selon l'article R. 312-13 du code de justice administrative, le tribunal compétent est celui du lieu d'assignation du paiement de la pension ou, à défaut, celui de la résidence du demandeur lors de l'introduction de sa réclamation.
2. Transmission du dossier : En vertu de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le tribunal a l'obligation de transmettre le dossier à la juridiction qu'il estime compétente lorsque la compétence d'une autre juridiction est établie.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 312-13 du code de justice administrative : Cet article précise que "les litiges relatifs aux pensions des agents des collectivités locales relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel est situé le siège de la personne publique dont l'agent intéressé relevait au moment de sa mise à la retraite". Pour les autres pensions, il est stipulé que "le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel se trouve le lieu d'assignation du paiement de la pension".
2. Article R. 351-3 du code de justice administrative : Cet article impose que "lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente".
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Bordeaux de transmettre le dossier au tribunal administratif d'Orléans repose sur une interprétation claire des règles de compétence territoriale établies par le code de justice administrative, garantissant ainsi que le litige soit traité par la juridiction appropriée.