Résumé de la décision
M. A B, ressortissant algérien, a demandé l'annulation de la décision du 21 février 2023 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une autorisation préalable d'accès à une formation aux métiers de la sécurité privée. M. B a soutenu qu'il justifiait de cinq ans de séjour régulier en France et qu'il était titulaire d'une carte professionnelle. Le tribunal a annulé la décision du directeur, considérant qu'il avait commis une erreur d'appréciation en estimant que M. B ne remplissait pas la condition de cinq années de séjour régulier.
Arguments pertinents
1. Condition de séjour régulier : Le tribunal a souligné que, selon l'article L. 612-20 du Code de la sécurité intérieure, un ressortissant étranger doit justifier d'un titre de séjour valide depuis au moins cinq ans pour accéder à une formation professionnelle dans le domaine de la sécurité privée. Le tribunal a constaté que M. B avait été en possession d'un certificat de résidence algérien et de récépissés de demande de titre de séjour, ce qui prouve qu'il a séjourné régulièrement en France.
2. Erreur d'appréciation : Le tribunal a conclu que le directeur avait commis une erreur d'appréciation en considérant que M. B ne remplissait pas la condition de séjour régulier. Il a noté que l'absence de récépissés à certaines périodes ne pouvait pas être imputée à M. B, ce qui a conduit à la décision d'annuler la décision du directeur.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 612-20 du Code de la sécurité intérieure : Cet article stipule que "Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : (...) 4° bis Pour un ressortissant étranger ne relevant pas de l'article L. 233-1 du même code, s'il n'est pas titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour." Cette disposition vise à garantir que les ressortissants étrangers respectent les conditions de probité et de moralité nécessaires pour exercer des activités de sécurité.
2. Décision n° 2021-817 DC du Conseil constitutionnel : Cette décision précise que la période de cinq années de séjour régulier est destinée à permettre à l'administration d'évaluer le comportement des ressortissants étrangers sur le territoire français. Cela souligne l'importance de la continuité du séjour pour l'évaluation de la moralité et de la probité.
3. Loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 : Cette loi a modifié le cadre juridique relatif à l'accès aux professions de sécurité, renforçant les exigences en matière de séjour régulier pour les ressortissants étrangers. Le tribunal a interprété cette loi comme un moyen de protéger la sécurité publique tout en respectant les droits des individus concernés.
En conclusion, le tribunal a jugé que M. B remplissait les conditions requises pour accéder à la formation professionnelle, annulant ainsi la décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité.