Résumé de la décision
La juge des référés du tribunal administratif de Marseille a examiné la demande d'extension d'expertise formulée par le docteur H N, expert désigné dans une affaire concernant la prise en charge de Mme A K. Le docteur H N souhaitait inclure dans l'expertise les docteurs E et F. Cependant, la juge a rejeté cette demande, considérant qu'elle n'était pas utile, car l'expertise était dirigée contre l'Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille, et que la responsabilité des médecins ne pouvait être engagée devant le juge administratif pour des actes accomplis dans le cadre du service public. L'ordonnance a été rendue le 12 juillet 2023.
Arguments pertinents
1. Inutilité de l'extension : La juge a souligné que l'expertise était dirigée contre l'Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille, et que le docteur E, exerçant à l'hôpital de Marignane, n'était pas directement concerné par la responsabilité engagée. Elle a noté que "l'expert dispose de la possibilité d'entendre tout sachant", ce qui rendait l'extension à ces médecins superflue.
2. Immunité des médecins : Concernant le docteur F, la juge a précisé qu'aucune action en responsabilité ne pouvait être engagée à son encontre pour des actes réalisés dans le cadre du service public, ce qui a également contribué à la décision de rejet. Elle a affirmé que "il n'apparait pas davantage utile d'étendre l'expertise à celui-ci".
3. Application de l'article L. 522-3 : La décision a été fondée sur les dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, qui permet au juge des référés de rejeter une demande qui ne présente pas un caractère d'urgence ou qui est manifestement irrecevable ou mal fondée.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'étendre l'expertise à d'autres personnes que celles initialement désignées. La juge a interprété cet article en considérant que l'extension demandée par l'expert n'était pas justifiée dans le contexte de la responsabilité engagée.
2. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Cet article stipule que le juge peut rejeter une demande qui ne présente pas un caractère d'urgence ou qui est manifestement irrecevable. La juge a appliqué cet article pour justifier le rejet de la demande d'extension, en indiquant que "la demande ne présente pas un caractère d'urgence".
3. Immunité des agents publics : La décision fait référence à la protection des agents publics dans l'exercice de leurs fonctions, ce qui est un principe fondamental du droit administratif. La juge a noté que "aucune action en responsabilité ne pouvant être engagée devant le juge administratif à l'encontre de ce médecin pour les actes accomplis dans le cadre du service public", ce qui a renforcé le fondement de son rejet.
En conclusion, la décision s'appuie sur des principes juridiques clairs concernant la responsabilité des agents publics et l'utilité des demandes d'extension d'expertise, tout en respectant les procédures établies par le code de justice administrative.