Résumé de la décision
Mme B A épouse C, fonctionnaire territoriale, a demandé l'annulation d'une décision implicite de rejet du maire de Marseille concernant sa demande de régularisation du versement d'un supplément indemnitaire pour l'année 2018. Le tribunal a constaté que la requête était tardive, car le silence de l'administration avait engendré une décision implicite de rejet le 22 avril 2022, et que le délai de recours de deux mois avait expiré avant l'enregistrement de la requête le 13 juillet 2022. Par conséquent, la requête a été rejetée comme manifestement irrecevable.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article R. 421-2 du Code de justice administrative, le délai pour former un recours contre une décision implicite de rejet est de deux mois à compter de la date à laquelle cette décision est née. En l'espèce, le délai a commencé à courir le 22 avril 2022, date à laquelle le silence de l'administration a été considéré comme un rejet.
2. Applicabilité des dispositions : Le tribunal a précisé que les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du Code des relations entre le public et l'administration ne s'appliquent pas aux agents publics. Ainsi, même en l'absence d'accusé de réception, le délai de recours reste opposable à l'agent public.
3. Irrecevabilité de la requête : En conséquence, la requête de Mme A épouse C, enregistrée le 13 juillet 2022, a été jugée tardive et donc manifestement irrecevable, conformément à l'article R. 222-1 du Code de justice administrative.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article R. 421-2 du Code de justice administrative stipule que "Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet". Cela signifie que le délai de recours est strict et commence à courir dès la naissance de la décision implicite.
2. Exclusion des agents publics : L'article L. 112-2 du Code des relations entre le public et l'administration précise que "ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 [...] ni celles de son article L. 112-6". Cela établit clairement que les agents publics ne bénéficient pas des protections accordées aux citoyens en matière de délais de recours.
3. Silence de l'administration : L'article L. 231-4 du même code indique que "le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre l'administration et ses agents". Cela renforce l'idée que le silence de l'administration a des conséquences juridiques précises et que les agents doivent être vigilants quant aux délais de recours.
En somme, la décision du tribunal s'appuie sur une interprétation rigoureuse des délais de recours et des droits des agents publics, confirmant ainsi l'importance de respecter les délais pour garantir l'efficacité des recours administratifs.