Résumé de la décision
M. A B a introduit une requête le 1er mars 2024 pour contester un arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône, daté du 24 novembre 2023, qui l'obligeait à quitter le territoire français sans délai, fixait son pays de renvoi et imposait une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête comme irrecevable, considérant qu'elle avait été introduite après l'expiration du délai de quarante-huit heures prévu par la loi pour contester une telle décision.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B disposait d'un délai de quarante-huit heures pour contester l'arrêté. La requête ayant été déposée le 1er mars 2024, soit bien après ce délai, a été jugée tardive.
2. Notification et compréhension : M. B a soutenu qu'il n'avait pas pu comprendre la décision en raison de l'absence de traduction et d'assistance d'un interprète. Cependant, le tribunal a noté que M. B avait signé l'arrêté, attestant qu'il en avait eu connaissance. De plus, il a été constaté qu'il résidait en France depuis 2005, ce qui rendait peu crédible son incapacité à comprendre les voies et délais de recours.
3. Régularité de la décision : Le tribunal a conclu que la décision contestée était régulière, car M. B n'avait pas démontré qu'il avait demandé une assistance d'interprète ou qu'il avait rencontré des difficultés de compréhension lors de la notification.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : L'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que "lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure." Cette disposition impose un cadre strict pour le dépôt des recours, ce qui a été appliqué dans le cas de M. B.
2. Notification et compréhension : L'article R. 776-2 du code de justice administrative précise que "la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation." Le tribunal a interprété cette disposition comme signifiant que la notification, même sans interprète, était suffisante pour faire courir le délai de recours, surtout en l'absence de preuves de difficultés de compréhension.
3. Assistance d'un interprète : L'article R. 776-34 du même code permet à l'étranger placé en détention de demander l'assistance d'un interprète dès la notification de la décision. Le tribunal a noté que M. B n'avait pas fait cette demande, ce qui a renforcé l'idée que la notification avait été comprise.
En conclusion, le tribunal a rejeté la requête de M. B pour irrecevabilité, en se fondant sur le non-respect du délai de recours et la régularité de la notification de l'arrêté contesté.