Résumé de la décision
M. D B A a demandé au juge des référés de suspendre l'exécution d'un arrêté préfectoral du 14 mars 2024, ordonnant la fermeture temporaire de son établissement, l'Exit Pub, pour une durée de 15 jours. Il a soutenu que cette fermeture porterait atteinte à sa situation économique, représentant environ 1/6 de son chiffre d'affaires annuel. Le juge des référés a rejeté sa demande, considérant qu'il n'avait pas établi l'urgence de la situation ni fourni de preuves concrètes des difficultés économiques engendrées par la fermeture.
Arguments pertinents
1. Absence de preuve d'urgence : Le juge a noté que M. A n'a pas produit de documents comptables pour justifier l'impact économique de la fermeture. Il a déclaré : "Dès lors, à défaut d'établir l'existence d'un préjudice grave et immédiat, M. A ne démontre pas être confronté à une situation d'urgence."
2. Conditions de l'article L. 521-2 : Le juge a rappelé que pour qu'une mesure soit prise en urgence, il faut justifier d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Il a conclu que M. A n'avait pas satisfait à cette exigence.
3. Rejet des conclusions : En conséquence, le juge a appliqué l'article L. 522-3 du code de justice administrative pour rejeter la demande, ainsi que les conclusions au titre de l'article L. 761-1 concernant les frais de justice.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale lorsque l'urgence est justifiée. La décision souligne que "le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures", ce qui implique une nécessité d'agir rapidement en cas d'urgence.
2. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge de rejeter une demande si elle ne présente pas un caractère d'urgence ou si elle est manifestement mal fondée. Le juge a appliqué cet article pour conclure que la demande de M. A ne remplissait pas les conditions requises.
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article prévoit que les frais de justice peuvent être mis à la charge de la partie perdante. Le rejet de la demande de M. A a conduit à l'irrecevabilité de ses conclusions au titre de cet article.
En somme, la décision met en lumière l'importance de fournir des preuves tangibles pour justifier une situation d'urgence dans le cadre d'une demande de référé, ainsi que les conditions strictes requises par le code de justice administrative pour obtenir une suspension d'une décision administrative.