Résumé de la décision
Mme B A a saisi le juge des référés le 18 avril 2023, demandant d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de certificat de résidence algérien, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Elle a également sollicité une indemnisation de 1 800 euros au titre des frais de justice. La préfète a répondu qu'un rendez-vous avait été fixé pour le 26 avril 2023, ce qui a conduit le juge à considérer que les demandes d'injonction et d'astreinte étaient devenues sans objet. En conséquence, le juge a décidé de ne plus statuer sur ces demandes et a ordonné à l'État de verser 1 200 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Absence d'urgence : La préfète a fait valoir que la convocation de Mme A pour le 26 avril 2023 pour le dépôt de sa demande de titre de séjour rendait la condition d'urgence non remplie. Le juge a constaté que Mme A n'avait pas contesté la tenue de ce rendez-vous ni l'enregistrement de sa demande, ce qui a conduit à la conclusion que les demandes d'injonction et d'astreinte étaient devenues sans objet.
2. Indemnisation : Le juge a reconnu le droit de Mme A à une indemnisation au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en raison des frais engagés pour la procédure, et a fixé cette indemnisation à 1 200 euros.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même en l'absence de décision administrative préalable. La décision souligne que "le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision", ce qui établit la flexibilité du juge dans l'évaluation des situations d'urgence.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article prévoit que l'État peut être condamné à verser une somme à une partie pour couvrir les frais de justice. Le juge a appliqué cet article pour accorder une indemnisation à Mme A, en précisant que "dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros".
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une évaluation des faits qui a conduit à la constatation que les demandes d'injonction étaient devenues sans objet, tout en reconnaissant le droit à l'indemnisation de Mme A pour les frais engagés dans le cadre de la procédure.