Résumé de la décision
Mme C A B a déposé une requête le 27 septembre 2023, demandant au juge des référés d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne d'instruire sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Elle soutenait que sa demande, déposée le 14 mars 2022, n'avait pas été instruite dans le délai légal, ce qui constituait une situation d'urgence. Le juge des référés a rejeté sa requête, considérant que la demande d'admission exceptionnelle au séjour avait été implicitement rejetée par le préfet au terme du délai de quatre mois, rendant ainsi l'injonction inutile et contraire à l'exécution de cette décision implicite.
Arguments pertinents
1. Injonction inutile : Le juge a constaté que la demande de Mme A B avait été implicitement rejetée par le préfet en raison de l'absence de décision explicite dans le délai de quatre mois. Par conséquent, "la demande tendant à enjoindre au préfet d'instruire cette demande est inutile".
2. Obstacles à l'exécution : Le juge a également noté que la demande de rendez-vous pour la remise d'un récépissé serait de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet, ce qui justifie le rejet des conclusions de Mme A B.
3. Partie perdante : En vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le juge a conclu que l'État n'étant pas la partie perdante, les demandes de Mme A B pour obtenir des frais de justice ne pouvaient être accueillies.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même en l'absence de décision administrative préalable. Cependant, le juge a précisé que "la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative", ce qui n'était pas le cas ici.
2. Articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Ces articles stipulent que, en l'absence de décision explicite dans un délai de quatre mois, la demande de titre de séjour est considérée comme ayant été implicitement rejetée. Le juge a affirmé que "cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée", ce qui a conduit à la conclusion que l'injonction demandée était sans objet.
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que les frais de justice ne peuvent être mis à la charge de l'État que si celui-ci est la partie perdante. Le juge a donc rejeté la demande de Mme A B pour une somme de 1 500 euros, en précisant que "l'État qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance" ne peut être condamné à payer ces frais.
En somme, la décision du juge des référés repose sur une interprétation stricte des délais et des procédures administratives, ainsi que sur le principe selon lequel l'État ne peut être condamné à des frais de justice lorsqu'il n'est pas la partie perdante.