Résumé de la décision
Dans une ordonnance rendue le 2 septembre 2024, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté la demande de M. A, qui sollicitait l'exécution d'une ordonnance antérieure du 26 février 2024. Cette ordonnance avait enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui donner un rendez-vous et avait condamné l'État à lui verser 800 euros au titre des frais d'instance. Le tribunal a estimé que M. A n'avait pas démontré avoir effectué les démarches nécessaires auprès du comptable public pour obtenir le paiement de cette somme, rendant ainsi sa demande manifestement irrecevable.
Arguments pertinents
1. Absence de diligences auprès du comptable public : Le tribunal a souligné que M. A n'avait pas prouvé avoir contacté le comptable assignataire pour obtenir le paiement de la somme due. Selon l'article L. 911-9 du code de justice administrative, il est de la responsabilité du créancier de saisir le comptable en cas d'absence d'ordonnancement dans le délai imparti.
2. Irrecevabilité de la demande : En vertu de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a conclu que la demande de M. A était manifestement irrecevable, car il n'avait pas respecté les procédures nécessaires pour obtenir le paiement.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du code de justice administrative : Cet article permet au président de la formation de jugement de rejeter des requêtes manifestement irrecevables sans invitation à régulariser. Cela souligne l'importance de respecter les procédures établies pour la recevabilité des demandes.
2. Article L. 911-9 du code de justice administrative : Cet article stipule que lorsqu'une décision de justice a condamné l'État à payer une somme d'argent, celle-ci doit être ordonnancée dans un délai de deux mois. En cas de non-ordonnancement, le créancier doit saisir le comptable public. La décision du tribunal a mis en avant que M. A n'avait pas effectué cette démarche, ce qui a conduit à l'irrecevabilité de sa demande.
3. Responsabilité du créancier : La décision rappelle que c'est au créancier de prendre les mesures nécessaires pour obtenir le paiement, ce qui est essentiel pour garantir l'efficacité des décisions judiciaires. Le tribunal a noté que "Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, d'obtenir du comptable public assignataire le paiement de la somme que l'État est condamné à lui verser à défaut d'ordonnancement dans le délai prescrit, il n'y a, en principe, pas lieu de faire droit à une demande tendant à ce que le juge prenne des mesures pour assurer l'exécution de cette décision."
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Montreuil illustre l'importance de suivre les procédures établies pour le recouvrement des sommes dues par l'État et rappelle que la responsabilité de l'initiative revient au créancier.