Résumé de la décision
Nantes Métropole a demandé au juge des référés de prescrire une mesure d'expertise pour évaluer la gêne occasionnée aux professionnels riverains par des travaux de rénovation des réseaux d'eaux et d'assainissement, ainsi que par des travaux de développement des nouvelles lignes de transport et du pont Anne de Bretagne à Nantes. Le juge a ordonné la désignation d'un expert, M. A B, pour suivre l'avancement des travaux et évaluer les impacts sur l'établissement "Picota". L'expert devra fournir un rapport détaillé sur la gêne subie, les mesures prises pour atténuer cette gêne, et les conséquences sur l'activité économique du professionnel concerné.
Arguments pertinents
1. Utilité de la mesure d'expertise : Le juge a reconnu que la mesure d'expertise demandée par Nantes Métropole est "utile" et entre dans le champ d'application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, qui permet au juge des référés de prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction, même en l'absence de décision administrative préalable.
2. Mission de l'expert : La décision précise les tâches de l'expert, notamment le suivi des travaux, l'évaluation des gênes causées, et la description des conséquences sur l'activité économique. Cela démontre une volonté d'assurer une évaluation précise et contradictoire des impacts des travaux sur les professionnels riverains.
3. Contradictoire et transparence : La mission de l'expert se déroulera au contradictoire des parties, garantissant ainsi la transparence et l'équité dans le processus d'évaluation des gênes subies par l'établissement "Picota".
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction." Cette disposition souligne la flexibilité du juge des référés à agir rapidement pour protéger les droits des parties concernées, en l'occurrence, les professionnels affectés par les travaux.
2. Mission de l'expert : Les missions de l'expert sont clairement définies dans l'ordonnance, ce qui est conforme aux exigences de précision et de rigueur dans l'évaluation des préjudices. L'expert doit "décrire de manière précise et étayée la gêne occasionnée par les travaux", ce qui implique une approche méthodique et documentée.
3. Article R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative : Ces articles régissent les modalités d'exécution de la mission d'expertise, garantissant que l'expert agisse dans un cadre légal et structuré. Cela assure également que les frais et honoraires de l'expert seront taxés conformément à l'article R. 621-13, ce qui renforce la transparence financière du processus.
En somme, la décision du juge des référés s'inscrit dans un cadre juridique clair, visant à protéger les intérêts des professionnels affectés par des travaux publics, tout en respectant les principes de contradictoire et de transparence.