Résumé de la décision
M. A B a introduit une requête le 17 juin 2023 pour contester un arrêté du préfet de police daté du 10 juin 2023, qui lui imposait une obligation de quitter le territoire français, refusait un délai de départ volontaire, fixait un pays de renvoi et prononçait une interdiction de retour de 12 mois. Le tribunal administratif a rejeté la requête, considérant qu'elle était manifestement tardive, car elle avait été déposée au-delà du délai de quarante-huit heures prévu par la loi après la notification de l'arrêté.
Arguments pertinents
1. Délai de recours : Le tribunal a souligné que, selon l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le délai pour contester une décision d'obligation de quitter le territoire est de quarante-huit heures à partir de la notification. Ce délai est strict et non prorogeable, ce qui a conduit à la conclusion que la requête de M. B, enregistrée le 17 juin, était tardive.
2. Notification régulière : Le tribunal a noté que M. B n'a pas contesté la régularité de la notification de l'arrêté, qui a été effectuée par voie administrative le 10 juin 2023. L'absence d'allégation ou de preuve d'irrégularité a renforcé la décision de rejet.
3. Irrecevabilité : En vertu de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a le pouvoir de rejeter les requêtes manifestement irrecevables, ce qui a été appliqué dans ce cas en raison du non-respect du délai de recours.
Interprétations et citations légales
1. Délai de quarante-huit heures : L'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que "lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure." Ce délai est impératif et ne souffre d'aucune prorogation, comme le précise l'article R. 776-5 du code de justice administrative : "Les délais de quarante-huit heures mentionnés (...) ne sont susceptibles d'aucune prorogation."
2. Notification par voie administrative : La régularité de la notification est essentielle pour le commencement du délai de recours. Le tribunal a constaté que l'arrêté avait été notifié à M. B entre 16h36 et 16h44 le 10 juin 2023, ce qui a été déterminant pour établir le point de départ du délai de quarante-huit heures.
3. Irrecevabilité des requêtes tardives : L'article R. 222-1 du code de justice administrative permet au tribunal de rejeter les requêtes manifestement irrecevables. Dans ce cas, le non-respect du délai de recours a conduit à la décision de rejet de la requête de M. B.
En conclusion, la décision du tribunal administratif repose sur une application stricte des délais de recours prévus par la loi, soulignant l'importance de la régularité des notifications et le caractère impératif des délais dans le cadre des procédures d'éloignement des étrangers.