Résumé de la décision
La requête présentée par Mme A D et la société Roggsen, visant à suspendre l'arrêté préfectoral ordonnant la fermeture administrative de l'établissement "la chope des artistes" pour une durée de vingt et un jours, a été rejetée par le juge des référés. Les requérants soutenaient que cette fermeture portait atteinte à leur liberté d'entreprendre et qu'elle était le résultat d'une procédure irrégulière. Cependant, le juge a estimé qu'ils n'avaient pas démontré l'urgence de la situation, en l'absence de preuves chiffrées et circonstanciées des conséquences financières de la fermeture.
Arguments pertinents
1. Urgence non établie : Les requérants n'ont pas fourni d'éléments justificatifs chiffrés pour prouver que la fermeture de l'établissement compromettrait sa pérennité. Le juge a souligné que "les requérants ne démontrent pas l'urgence de la situation qu'ils invoquent".
2. Conditions cumulatives : Pour qu'une demande de suspension soit acceptée, il faut justifier à la fois d'une situation d'urgence et d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Le juge a rappelé que "une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du code de justice administrative implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié, non seulement d'une situation d'urgence, mais encore d'une atteinte grave".
3. Rejet de la requête : En raison de l'absence de preuve de l'urgence, la requête a été rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, qui permet au juge de rejeter une demande manifestement non fondée sans audience.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale en cas d'atteinte grave et manifestement illégale. La décision a précisé que "le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures", soulignant l'urgence requise pour ce type de demande.
2. Article L. 522-1 du code de justice administrative : Cet article impose une procédure contradictoire, mais le juge a noté que "lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée".
3. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Cet article permet le rejet d'une demande sans audience si elle est manifestement non fondée. Le juge a appliqué cette disposition en concluant que "la requête doit être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3".
En somme, la décision met en lumière l'importance de fournir des preuves tangibles pour établir l'urgence dans les demandes de référé, ainsi que les conditions strictes requises pour la suspension d'un acte administratif.