Résumé de la décision
M. A D a saisi le juge des référés pour demander l'exécution d'une injonction prononcée par le juge des référés dans une ordonnance du 10 juin 2024, qui ordonnait au préfet de police de délivrer une attestation de prolongation d'instruction à M. D dans un délai de trois jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Le préfet de police a informé le tribunal qu'il avait exécuté cette injonction le 14 août 2024. Le tribunal a constaté que l'ordonnance n'avait pas été exécutée dans le délai imparti, entraînant une astreinte de 6 100 euros, que l'État a été condamné à verser à M. D.
Arguments pertinents
1. Inexécution de l'ordonnance : Le tribunal a constaté que l'ordonnance du 10 juin 2024 n'avait pas été exécutée dans le délai de trois jours, ce qui a entraîné une période d'inexécution du 14 juin au 13 août 2024. Cela a justifié la liquidation de l'astreinte.
> "Il résulte de l'instruction que l'ordonnance du 10 juin 2024 a été notifiée le jour même au ministre de l'intérieur et des outre-mer et qu'ainsi la période d'inexécution a commencé à courir le 14 juin 2024."
2. Liquidation de l'astreinte : Le tribunal a appliqué le taux de l'astreinte de 100 euros par jour pour la période d'inexécution, aboutissant à un total de 6 100 euros.
> "Il y a ainsi lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte au taux de cent euros par jour pour la période du 14 juin au 13 août 2024 inclus, soit 6 100 euros."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 911-7 du Code de justice administrative : Cet article stipule que la juridiction doit procéder à la liquidation de l'astreinte en cas d'inexécution totale ou partielle d'une décision. Il précise également que l'inexécution ne peut être justifiée que par un cas fortuit ou de force majeure.
> "En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée."
2. Article L. 521-3 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures provisoires, telles que la délivrance d'une attestation, dans le cadre de la protection des droits des requérants.
> "Le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la protection des droits des requérants."
En conclusion, la décision du tribunal repose sur l'inexécution d'une injonction administrative, entraînant la liquidation d'une astreinte conformément aux dispositions du Code de justice administrative. Le tribunal a appliqué les règles de droit de manière rigoureuse, en tenant compte des délais et des obligations de l'administration.