Résumé de la décision
M. B C, alors en rétention administrative à Rennes, a contesté un arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 14 juillet 2023, qui prolongeait son interdiction de retour sur le territoire français pour deux ans. Le 18 juillet 2023, le juge des libertés et de la détention a mis fin à sa rétention. Le même jour, le préfet a assigné M. C à résidence à Rouen pour 45 jours. Le tribunal a décidé de renvoyer l'ensemble des conclusions de M. C concernant l'annulation de l'arrêté du 14 juillet 2023 au tribunal administratif de Rouen, en raison de la procédure spéciale prévue pour les mesures d'éloignement des étrangers.
Arguments pertinents
1. Procédure spéciale pour les mesures d'éloignement : Le tribunal souligne que les articles L. 614-7 à L. 614-13 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile organisent une procédure rapide pour statuer sur la légalité des mesures d'éloignement des étrangers en rétention ou assignés à résidence.
2. Fin de la rétention ou de l'assignation : Il est précisé que lorsque la rétention ou l'assignation à résidence prend fin, le tribunal conserve la compétence pour statuer sur les conclusions de l'étranger, mais peut renvoyer le dossier au tribunal compétent selon le lieu de résidence de l'étranger.
3. Renvoi au tribunal administratif de Rouen : Étant donné que M. C a été assigné à résidence à Rouen, le tribunal a décidé de renvoyer l'affaire à la formation de jugement du tribunal administratif de Rouen, conformément à l'article L. 614-5 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation des articles L. 614-7 à L. 614-13 : Ces articles établissent une procédure spéciale pour le traitement des recours relatifs aux mesures d'éloignement. Le tribunal interprète ces dispositions comme visant à garantir une réponse rapide aux situations des étrangers en rétention ou assignés à résidence, ce qui est essentiel pour la protection de leurs droits.
- Citation : "le législateur a entendu organiser une procédure spéciale afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l'éloignement des étrangers".
2. Article L. 614-5 : Cet article précise que le tribunal administratif doit statuer dans un délai imparti sur les demandes relatives aux mesures d'éloignement. Le tribunal a donc agi en conformité avec cette exigence en renvoyant l'affaire au tribunal administratif de Rouen.
- Citation : "le tribunal administratif régulièrement saisi, par application des dispositions de l'article R. 776-16 du code de justice administrative conserve compétence pour statuer sur le fondement des articles L. 614-2 à L. 614-6".
3. Assignation à résidence : L'arrêté du préfet du 17 juillet 2023, qui assigne M. C à résidence, est fondé sur l'article L. 612-11, qui permet de prendre des mesures d'assignation à résidence pour des étrangers en situation irrégulière. Cela montre que le préfet a agi dans le cadre de ses prérogatives légales.
- Citation : "L'arrêté attaqué a été pris sur le fondement du 1° de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile".
En conclusion, la décision du tribunal s'inscrit dans le cadre des procédures spéciales prévues par le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, garantissant ainsi une protection juridique adéquate pour les étrangers en situation de rétention ou d'assignation à résidence.