Résumé de la décision
M. A B a saisi le tribunal administratif le 19 février 2024 pour contester le refus implicite du Premier ministre de modifier le décret n° 2022-112 du 3 août 2022 et l'arrêté du 22 septembre 2022, afin d'étendre le régime d'indemnisation des commandants divisionnaires aux commandants divisionnaires fonctionnels. Il a demandé l'annulation de cette décision, une injonction à l'administration pour modifier les textes concernés, ainsi qu'une indemnisation pour la différence de montant d'indemnité journalière et un euro pour préjudice moral. Le tribunal a conclu que le litige relevait de la compétence du Conseil d'État en premier et dernier ressort, et a donc transmis l'ensemble du dossier à cette juridiction.
Arguments pertinents
1. Compétence du Conseil d'État : Le tribunal a souligné que les recours contre les décrets et les actes réglementaires des ministres relèvent de la compétence du Conseil d'État en premier et dernier ressort. Cela est précisé dans le Code de justice administrative - Article R. 311-1, qui stipule que "le Conseil d'État est compétent pour connaître en premier et dernier ressort : 1° Des recours dirigés contre (...) les décrets ; 2° Des recours dirigés contre les actes réglementaires des ministres (...)".
2. Connexité des conclusions : Les conclusions pécuniaires et indemnitaires de M. B ont été jugées connexes aux conclusions principales concernant la légalité du refus de modification des textes réglementaires. Cela est en accord avec l'article R. 341-3 du Code de justice administrative, qui permet de renvoyer l'ensemble des conclusions au Conseil d'État lorsque certaines relèvent de sa compétence.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de la compétence : L'article R. 311-1 du Code de justice administrative établit clairement que le Conseil d'État a une compétence exclusive pour les recours contre les décrets et les actes réglementaires. Cela signifie que toute contestation relative à des décisions prises par le Premier ministre ou un ministre, notamment celles qui concernent des modifications de décrets, doit être portée devant cette juridiction.
2. Connexité des demandes : L'article R. 341-3 du même code précise que lorsque des conclusions distinctes mais connexes sont soumises, le tribunal doit renvoyer l'ensemble des conclusions au Conseil d'État. Cela permet d'assurer une cohérence dans le traitement des affaires et d'éviter des décisions contradictoires. La décision du tribunal de transmettre l'affaire au Conseil d'État repose donc sur une interprétation stricte de ces dispositions légales.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Rouen de transmettre le dossier au Conseil d'État repose sur une application rigoureuse des règles de compétence et de connexité établies par le Code de justice administrative.