Résumé de la décision
Mme E D et Mme C A ont demandé au juge des référés de suspendre l'exécution d'une décision de la présidente de l'Eurométropole de Strasbourg concernant le réaménagement de plusieurs quais à Strasbourg, en raison de l'absence d'études d'impact et d'enquêtes publiques. L'Eurométropole a soulevé une exception de non-lieu à statuer, arguant que les travaux étaient achevés. Le juge a rejeté cette exception, mais a également conclu que les requérantes n'avaient pas établi de doute sérieux sur la légalité de la décision contestée. Par conséquent, la requête a été rejetée, et les requérantes ont été condamnées à verser chacune 500 euros à l'Eurométropole au titre des frais non compris dans les dépens.
Arguments pertinents
1. Sur l'exception de non-lieu à statuer : Le juge a noté que, bien que l'Eurométropole ait affirmé que les travaux étaient achevés, il n'était pas prouvé que la décision litigieuse ait été entièrement exécutée. Cela a conduit à l'écartement de l'exception de non-lieu.
> "Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige puisse être regardée comme entièrement exécutée dans sa globalité à la date de la présente ordonnance."
2. Sur les conclusions à fin de suspension : Le juge a estimé que les moyens soulevés par les requérantes ne créaient pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision. Par conséquent, la demande de suspension a été rejetée.
> "Aucun des moyens soulevés par Mme D et par Mme A n'est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige."
3. Sur les frais : Le juge a décidé de condamner les requérantes à verser une somme à l'Eurométropole, considérant les circonstances de l'affaire.
> "Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de chacune des requérantes une somme de 500 euros au titre des frais exposés par l'Eurométropole de Strasbourg."
Interprétations et citations légales
1. Code de l'environnement - Article L. 122-2 : Cet article stipule que l'exécution d'une décision doit être suspendue en l'absence d'étude d'impact. Les requérantes ont invoqué cet article pour soutenir leur demande de suspension, mais le juge a jugé que cela ne créait pas de doute sérieux sur la légalité de la décision.
2. Code de l'environnement - Article L. 123-1-B : Cet article impose la nécessité d'une enquête publique ou d'une procédure de participation du public. Les requérantes ont également fait valoir ce point, mais le juge a conclu que les arguments n'étaient pas suffisants pour justifier la suspension.
3. Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article établit les conditions d'urgence pour les référés. Le juge a noté que la condition d'urgence n'était pas satisfaite dans ce cas.
> "La condition d'urgence, prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'est pas satisfaite."
4. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article permet au juge de condamner la partie perdante à payer les frais exposés par l'autre partie. Le juge a appliqué cet article pour ordonner le paiement de 500 euros par chacune des requérantes à l'Eurométropole.
> "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens."
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une analyse rigoureuse des arguments juridiques présentés par les parties, ainsi que sur une interprétation des textes de loi pertinents, conduisant à un rejet des demandes des requérantes.